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1917 de JC Buisson

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Dans la floraison des livres qui paraissent au cours de ces années sur le thème de la Première Guerre mondiale, l’ouvrage de Jean-Christophe Buisson, 1917, a le mérite de l’originalité. On a coutume de présenter cette année comme une charnière de la guerre ; l’année où s’est déroulée la révolution bolchévique et où les États-Unis sont officiellement entrés dans le conflit. Mais 1917 est également une année cardinale du siècle, peut-être la véritable année 0, le début du XXe siècle, plus que 1914. L’auteur nous présente une série d’événements et d’hommes qui, en 1917, sont au début de leur carrière et sont quasiment inconnus. Le caporal Hitler, le soldat Mussolini, l’officier de Gaulle, mais aussi le jeune peintre Picasso, les indépendantistes irlandais et les femmes françaises en quête d’émancipation. La plupart de ceux qui ont ensuite marqué le siècle sont, en 1917, dans la trentaine. On découvre à quel point cette guerre a forgé une génération, celle des tranchés, du feu et des bouleversements sociaux.

Le livre est construit comme une chronologie mondiale, où l’on suit les événements d’une année semaine par semaine. Une éphéméride d’il y a un siècle, sauf que des événements alors anodins sont aujourd’hui pour nous essentiels, et vice-versa. Parcourir l’année 1917 un siècle après, c’est aussi se rendre compte de la densité de l’histoire et de l’imprévisibilité des événements.

L’ouvrage a pour lui d’être superbement illustré et d’être accompagné d’un texte dense, précis, qui ne cède pas à la facilité, tout en étant accessible au plus grand nombre. On y croise ainsi le portrait de Charles 1er d’Autriche, à la veille de la disparition de son empire, une photo de tournage de Sara Bernhardt, jouant le rôle d’une infirmière, et Sacha Guitry, toujours aussi impérial. Une année qui a changé le monde et qui nous montre aussi à quel point le monde a changé. Une année dont la couverture du livre montre un paysage de Verdun sans visage, pour rappeler que dans cette guerre qui s’est jouée sur le front et aussi sur l’arrière, c’est bien l’humanité que l’on a cherché à abolir.