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Aparecida : boire le vin de la joie et de l’espérance

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En suivant Aparecida, la joie d’être chrétien

Dès le début de son pontificat, le pape François a témoigné de sa profonde dévotion mariale : récitant un Ave Maria sur la loggia Saint-Pierre, se rendant à la basilique Sainte-Marie Majeure le lendemain de son élection.
Il nous le montre encore une fois pendant ces JMJ, notamment lors de sa visite au sanctuaire marial d’Aparecida. Il vient frapper à la porte de Marie, qui est à la fois la porte de l’Église et la médiatrice de toutes les grâces qui nous unissent au Christ.

Dans son homélie d’Aparecida, le pape reprend une idée qu’il a déjà évoquée dans l’avion l’amenant à Rio, et dont nous verrons, par la suite, si elle sera reprise au cours des JMJ : c’est l’idée de l’enracinement des personnes dans un peuple et dans une nation. Il dit ainsi qu’il faut transmettre aux jeunes « les valeurs qui les rendront artisans d’une nation et d’un monde plus justes, plus solidaires et plus fraternels. »

Enraciner les jeunes dans une nation, dans leur nation, et le pape a rappelé à plusieurs reprises combien Aparecida est le sanctuaire marial de la nation brésilienne, même s’il a aussi une vocation universelle. C’est en s’enracinant dans la nation, dans son peuple, que l’on peut ensuite s’enraciner dans le monde, afin de le rendre plus juste. Pour cela, il rappelle trois valeurs indispensables à suivre : vivre dans l’espérance, se laisser surprendre par Dieu, et témoigner de sa joie.

L’espérance, c’est la certitude que si le mal est présent dans le monde, il sera vaincu. Le mal est personnifié par le dragon qui veut dévorer la femme. Mais c’est le dragon qui périt, et une vie nouvelle qui s’ouvre.
L’espérance, c’est aussi savoir rejeter les idoles, celles de l’argent, du succès, du plaisir et du pouvoir. C’est à juste titre que le pape rappelle combien la jeunesse est souvent sous l’emprise du vide et de la solitude. Elle va alors vers les idoles pour remplir son vide et rompre sa solitude, mais celles-ci ne font que les amplifier.
Les jeunes n’ont pas besoin de choses, ils ont besoin des valeurs immatérielles d’un peuple. Encore une fois, la référence au peuple est reprise, et la nécessité de s’ancrer dans son histoire spirituelle et intellectuelle.

Se laisser surprendre par Dieu. Le pape ne parle pas de vocation, mais on sent l’idée en filigrane et elle sera probablement reprise dans un discours ultérieur.
Combien de jeunes, surtout dans nos pays développés, ont déjà balisé leur avenir : études, écoles, métier, tout est prêt et prévu. Et s’ils ne l’ont pas fait, leurs parents s’en sont chargés pour eux. Aucune place n’est laissée à la surprise, à la découverte, à l’aventure. Ne pas se laisser surprendre, ou plutôt refuser de se laisser surprendre est le propre de la vieillesse. Combien de jeunes sont déjà vieux. C’est en acceptant de se laisser surprendre que l’on peut créer, inventer, innover, et suivre des chemins inattendus. La peur souvent, la pusillanimité surtout, nous conduisent à refuser toute improvisation.

Vivre joyeux et témoigner de sa joie. La tristesse est, elle aussi, l’apanage des vieux et des morts. La vie est liée à la joie. Le pape associe le Christ au vin de la joie et de l’espérance. Cela me fait penser à une publicité des années 1950, où l’on voyait un jeune couple marchant allègrement, derrière eux une carte de France en grappes de raisin, et la mention : « Buvez du vin et vivez joyeux ! » Chose interdite aujourd’hui. Interdiction de boire du vin, interdiction de vivre joyeux.
Le vin de la joie conduit au vin de l’amitié avec Dieu. C’est le vin nouveau, celui qui emplit les cœurs et réconforte les âmes.