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Réponse de Sens Commun à Bruno Le Maire

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Monsieur Le Maire,

C’est avec un mélange d’étonnement et de tristesse que nous avons pris connaissance de vos propos dans Le Journal du Dimanche, au sujet de votre prestation au meeting de Sens Commun, le 15 novembre dernier :

« Lors de ce meeting, j’ai ressenti de la fierté quand j’ai été hué pour mes convictions. Je suis reconnaissant aux gens qui m’ont hué car cela m’a permis d’éprouver mes convictions et de vivre ces moments forts où l’on coïncide avec soi-même. »

Tout d’abord, expliquez-nous : comment peut-on se réjouir de se faire siffler par des militants de son propre parti ? Être fier d’être chahuté par des opposants politiques, rien de plus normal. S’enorgueillir d’avoir été hué par les membres de sa propre famille, voilà qui est attristant. Car c’est la marque d’un mépris profond pour la base, assortie d’une incapacité à comprendre l’autre et ses attentes. Nos militants n’y ont pas vu la preuve de vos convictions profondes, mais la marque d’une soumission passive à une fatalité en laquelle ils ne croient pas, car ils savent que le sens de l’histoire n’existe pas et qu’une volonté politique fondée sur des convictions solides peut tout.

Alors oui, c’est vrai, vous avez été sifflé. Seulement, contrairement à ce que vous affirmez, vous n’avez pas été sifflé pour vos convictions, mais pour ce que les militants ont alors perçu comme une absence de conviction. Car le discours que vous avez tenu le 15 novembre était le suivant : on ne reviendra pas sur la loi Taubira car « c’est impossible ». Comprenez dès lors que nos militants n’y aient pas vu la preuve de vos convictions profondes, mais bien plutôt la marque d’une soumission passive à une fatalité en laquelle ils ne croient pas, car ils savent, à juste titre, que le sens de l’histoire n’existe pas et qu’une volonté politique fondée sur des convictions solides peut tout. C’est cette résignation à la « fatalité » qui a trop souvent conduit la droite à ne pas revenir sur des réformes de gauche qu’elle décriait pourtant, tant sur le plan sociétal que sur le plan économique ou éducatif. Nous ne voulons plus de cela.

Vous vous honorez par ailleurs du fait de « coïncider avec vous-même » et de n’avoir jamais changé d’avis. Mais reprenons ensemble, si vous nous le permettez : lors de ce meeting du 15 novembre, vous étiez favorable à une réécriture de la loi sur le volet de la filiation assortie d’une interdiction de la PMA homosexuelle et de la GPA. Huit mois plus tard, qu’en est-il ? Vous avez renoncé à revenir sur la filiation, vous ne parlez plus de la PMA, et vous engagez seulement à lutter contre les mères porteuses. Que de renoncements, en quelques mois seulement ! Vous êtes désormais sur la même ligne qu’un Manuel Valls. Il n’y a pas vraiment là de quoi être fier…

Vous avez fait du « renouvellement » votre marque de fabrique : mais le vrai renouvellement, Monsieur Le Maire, c’est la constance, la cohérence et la crédibilité.

Où est-elle, cette constance, lorsqu’en l’espace de huit mois on renonce à ses engagements ?

Où est-elle, cette cohérence, lorsqu’on prétend vouloir lutter contre les mères porteuses sans retoucher la Loi Taubira, alors que nous avons aujourd’hui la preuve que celle-ci ouvre mécaniquement un droit à ces pratiques ?

Où est-elle, cette crédibilité, lorsqu’on fonde sa politique sur le changement de cap et la soumission au sens de l’histoire, formidable prétexte dont la gauche se targue depuis des années pour imposer toutes ses « réformes de civilisation » ?

Voilà le véritable renouvellement auquel les Français aspirent pour pouvoir se réconcilier avec la politique, faire à nouveau confiance à leurs représentants et croire en leur parole. Voilà le renouveau auquel nous aspirons à Sens Commun. Si vous ne souhaitez pas le mettre en œuvre, c’est votre responsabilité. Mais il sera de la nôtre de tout faire que ce renouveau soit incarné, en vérité, pour qu’advienne un jour la France Que Nous Voulons.

Sébastien Pilard & Madeleine Bazin de Jessey

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