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Rentrée des classes : l’école gratuite ?

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Magie de l’ordonnancement de l’État en France : le 2 septembre, dans quasiment toutes les communes du pays, sonneront à la même heure des milliers de cloches pour annoncer la rentrée des classes. Environ 12.6 millions d’élèves se mettront en rang en même temps, prêts à être accueillis par plus d’un million de personnels, dont 840 000 enseignants. Les mêmes réformes seront appliquées au même moment, dans une parfaite logistique étatique qui relève de l’exploit. L’espace d’un instant, on oubliera l’échec scolaire, les 30% d’illettrés, la violence dans les établissements, la vacuité des programmes et les mensonges intellectuels infusés pour observer, non sans admiration, cette belle machine administrative. Et probablement au même moment, les parents remercieront l’État de leur offrir une école gratuite. Car, comme chacun sait, en France l’école est gratuite. Une gratuité qui coûte tout de même presque 140 milliards d’euros annuels.

Les chiffres sont du Ministère de l’Éducation nationale lui-même. Les dépenses intérieures d’éducation, c’est-à-dire la somme de ce que toute la chaîne éducative dépense pour l’éducation, s’élèvent à 139.4 milliards d’euros en 2012, soit 6.9% du PIB. Cela représente la plus grosse dépense de la nation. Sur ce total, 81.6 milliards sont du ressort direct de l’État, 34.1 milliards sont à la charge des collectivités territoriales et 2.9 milliards des autres administrations (soit 118.6 Mds€), le reste se répartit entre les ménages (11 Mds€) et les entreprises (taxe professionnelle, 9.8 Mds€). Comme le disait Margaret Thatcher, « L’argent public n’existe pas ». Cette gratuité est donc financée par l’impôt, mais, comme toute dépense publique, ceux qui payent sont persuadés que cela ne coûte rien. En 1919, après le traité de Versailles, les Français vivaient dans le mythe du paiement de la reconstruction par l’Allemagne. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui pensent que quand l’État dépense, c’est gratuit.

Une étude de l’IFRAP (2011) a démontré que l’école publique était 30 à 40% plus cher que l’école privée. Si l’on mettait en place des délégations de services publics, comme cela se fait dans le traitement des déchets ménagers, l’adduction d’eau, les crèches, les activités sportives ou culturelles, l’État pourrait économiser chaque année entre 35 et 47 milliards d’euros, dont presque 28 Mds€ pour l’administration centrale. Voilà une source d’économie vertueuse pour le gouvernement. Pour gagner leur promesse de redressement des comptes publics, les socialistes doivent suivre la voie du libéralisme : mettre en place le chèque éducation, afin de permettre à chaque parent de choisir librement l’école de leur enfant, aux directeurs de composer eux-mêmes leur équipe pédagogique, et aux professeurs d’être libres de choisir les méthodes pédagogiques efficaces. Le chemin de la liberté serait une véritable révolution pour l’école, plus encline à suivre la route de la servitude. Et conjuguer baisse des dépenses publiques et accroissement des résultats scolaires est un programme qu’aucun homme censé ne peut refuser, à moins de s’enferrer dans les marais de l’idéologie.

Chronique publiée sur le site de L’Opinion.

A lire aussi sur le site de l’IFRAP.