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Les mains de France : fil conducteur

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Dans les années 1970-1980, la France a vu disparaître un grand nombre d’usines et d’ateliers textile. En quelques années, c’est un pan entier d’une économie vieille de plus d’un siècle qui a disparu, suscitant dans les régions touchées la désolation et le désert. Nombreuses sont les villes où la tradition textile n’est plus qu’un souvenir : les chapeaux de paille de Lapalud, les chapeaux de feutre de Caussade, les gants de Millau et les cuirs de Mazamet, les usines de Lorraine et celles de l’Ouest. Sous les coups de boutoir d’une économie de plus en plus mondialisée et d’une incapacité à affronter la concurrence technique et humaine, ce sont des milliers d’emplois du secteur textile qui ont disparu, à tel point qu’il ne semblait plus possible de faire du textile en France.

Evolution du secteur textile

Et puis, depuis une dizaine d’années, on voit apparaître de nouvelles marques, de nouveaux créateurs, de nouveaux entrepreneurs qui investissent dans un secteur qui semblait n’avoir aucun avenir. À côté d’entreprises installées (Armor Lux, Saint-James, Paraboot…) de nouveaux noms sont apparus, accolés à une nouvelle génération et mettant à profit les nouvelles tendances. Chaussures (pardon, souliers), maroquinerie, cravates et nœuds papillon, costumes, chemises, polos… ce qui était impensable à la fin des années 1990 est devenu une réalité : il y a un retour de l’industrie textile en France, marquée par un regain d’intérêt par le consommateur.

Techniques nouvelles et anciennes

Ces nouveaux créateurs profitent d’un savoir-faire ancien et implanté, des nouveaux outils technologiques et de l’ouverture des frontières. On a longtemps cru que c’était en allant vers le luxe et le haut de gamme que le textile français pourrait survivre, et l’on se rend compte que la plupart de ces produits sont tout à fait accessibles. Ce qui fait la différence, c’est la qualité et l’esthétique.

Ce sont ces créateurs que cette série se propose de raconter, au fil des rencontres et des circonstances. D’abord parce qu’en tant qu’historien de l’économie je trouve ce retournement passionnant, ensuite parce qu’ils sont l’exemple d’un grand dynamisme et d’une belle capacité créatrice, enfin parce que la mode, l’esthétique, le luxe sont les marques de fabrique de Paris et de la France. C’est bien sous une approche historique que j’essaye d’aborder ces créateurs, c’est-à-dire en reprenant les thèmes que je poursuis dans mes recherches.

Il ne s’agit pas de faire de la publicité pour telle ou telle marque, ni de transformer ce site d’histoire en blog de mode. D’autres le font et avec grand talent. De même que je parle de vin et de gastronomie sans pour autant être un site de cuisine. Ce sont ces mains de France que je propose ici de présenter, sans prétention aucune que d’essayer de raconter de belles histoires et de prouver qu’il est possible d’entreprendre et d’inventer.

"Le luxe, ce n’est pas le contraire de la pauvreté mais celui de la vulgarité"
Coco Chanel