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La presse se disqualifie dans la calomnie

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Deux choses me gênent dans les attaques adressées à l’encontre de Penelope Fillon. La première est la calomnie et la démagogie de celles-ci, la seconde, l’unanisme de la presse qui crée une polémique et qui essaye d’influer sur le cours du vote. Dans les deux cas, il me semble y avoir un grave danger pour la liberté et le bon fonctionnement de la démocratie.

1/ Calomnie et démagogie, parce que le travail effectué par Penelope Fillon est légal, connu et réel. Les députés disposent d’une enveloppe budgétaire qui leur permet de rémunérer leurs collaborateurs et ils ont le droit d’embaucher des membres de leur famille. Qu’y a-t-il de scandaleux à cela ? La démocratie a un coût. Si l’on veut des députés compétents et qui fassent bien leur travail, ils ont besoin d’avoir des collaborateurs à leurs côtés qui effectuent une partie de celui-ci. Le parlement est un des piliers de la liberté politique française et il est extrêmement dangereux de l’attaquer dans ses fondements.

Calomnies donc, qui arrivent, comme par hasard, à trois mois de l’élection présidentielle. Cela rappelle l’affaire Markovic sous Georges Pompidou, où la femme de celui-ci, déjà, avait été attaquée. Il est gravissime que des journaux tentent de manipuler l’opinion publique et d’influencer une élection en relayant de fausses informations.

2/ Faillite de la presse. Aujourd’hui, presque plus personne ne lit la presse. Les journaux sont au bord de la faillite et la plupart ne survivent que par l’argent public. De même pour les radios, dont un grand nombre sont financées par l’impôt. Un récent sondage montre que c’est en France que les populations ont le plus de défiance à l’égard de la presse.

Comment croire des journalistes qui mentent ainsi de façon aussi ouverte et aussi arrogante ? Des journalistes, de surcroît, que plus personne ne lit et qui sont rémunérés par l’argent de l’impôt. Le Canard enchaîné sort une information et personne ne prend le temps d’en vérifier la justesse. Tous les titres s’emballent et créent une affaire là où il n’y a rien. Les journalistes se déshonorent dans cette affaire.

Dans le même temps, on apprend qu’Emmanuel Macron a financé son mouvement En Marche avec de l’argent de son ministère. C’est illégal, mais personne ne reprend. On découvre aussi que le Parti socialiste a trafiqué le chiffre de participation à sa primaire, ce qu’il a reconnu, mais aucun journal n’en a parlé autant que l’affaire Penelope Fillon. Cette atteinte à la plus élémentaire déontologie est gravissime, cette façon de camoufler les faits et de travestir la réalité est grave.

De même, les journaux n’ont-ils pas repris les chiffres du ministère de l’Intérieur publiés le 25 janvier 2017 et annonçant une forte hausse des agressions dans les transports en commun : 330 agressions par jour en France. Ces faits, réels et avérés, méritent un traitement plus important que la calomnie à l’égard d’une femme.

Il y a là un grave danger pour la démocratie, parce qu’une société libre ne peut reposer que sur la vérité des faits et sur une information de qualité. On ne peut tolérer que l’information soit truquée et déformée dans le but de servir des intérêts politiques.
Danger aussi parce que, manifestement, de nombreux journalistes ne cherchent pas à informer, mais à influer l’opinion et à contraindre le vote pour que celui-ci aille dans leur sens. Comme lors des élections au Royaume-Uni et aux États-Unis. Cette presse que plus personne ne lit et qui ne survit que par l’argent public devrait revoir sa façon de travailler.

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Addendum 28/01

Le député Julien Aubert apporte des précisions importantes concernant les attachés parlementaires. Sa note est à lire ici.

Il nous apprend notamment que si le député n’utilise pas son enveloppe budgétaire pour rémunérer des collaborateurs, il garde la partie de l’enveloppe non utilisée.
Donc, si François Fillon n’avait pas embauché son épouse, il aurait gardé pour lui cet argent. Il n’a donc pas fait cela pour s’enrichir personnellement. Il aurait même eu intérêt à faire travailler son épouse bénévolement et à garder l’argent pour lui, il n’aurait ainsi pas eu à payer les charges sociales (très lourdes en France comme chacun sait). Pourtant, il n’en a rien fait.