Jean-Baptiste Noé

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La force du silence

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Le cardinal Sarah s’est fait connaître du grand public avec la parution de son précédent ouvrage, Dieu ou rien. Il récidive en traitant un thème surprenant, mais pourtant essentiel : La force du silence. Contre la dictature du bruit. Comme pour le premier livre, celui-ci est un dialogue avec Nicolas Diat, suivi d’une conversation avec dom Dysmas de Lassus, prieur à la Grande Chartreuse.

C’est un livre tout à la fois de réflexion et de méditation où le cardinal rappelle cette contradiction apparente : dans un monde de bruit constant, l’homme est de plus en plus reclus dans le silence. Il est de moins en moins capable de parler avec ses contemporains et il s’enferme dans le silence vis-à-vis de Dieu, dont il n’entend plus la parole. Si la brebis reconnaît le bon pasteur à sa voix, l’homme actuel est sourd à l’appel du berger et ce silence l’enferme et l’emmure dans le désespoir de l’absurde. Le bruit éteint la voix de Dieu et le silence mure l’homme dans l’incompréhension de sa vie.

Il faut donc savoir se taire pour écouter Dieu de nouveau. La force du silence ne consiste pas seulement à arrêter le bruit, mais à se mettre à l’écoute de ce Dieu qui ne cesse de parler aux hommes. « Le silence et la prière ne sont pas une défection. Ce sont les armes les plus fortes contre le mal. L’homme désire faire, mais il doit surtout être. Dans la prière silencieuse, l’homme est pleinement un homme. » (point 287)

Ce livre parle donc de la prière, mais pas seulement. Le cardinal évoque aussi longuement la question liturgique et la façon de bien vivre la messe. On sait que c’est un sujet important pour lui, puisqu’il est préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, qui s’occupe des questions liturgiques.

Reprenant plusieurs enseignements du Pape, il montre également les dangers des bavardages et des médisances. À la suite de nombreux saints il rappelle qu’il faut savoir tenir sa langue, ne pas colporter de fausses rumeurs et des ragots erronés et fuir la compagnie de ceux qui parlent trop, c’est-à-dire qui parlent mal de leurs proches. Le silence est vertu et s’il faut parler pour dénoncer les injustices, il faut savoir se taire pour ne pas les colporter.

Le livre étant présenté à la fois sous la forme d’un dialogue et sous celle de points de méditation il est d’un apport utile à ceux qui veulent réfléchir et méditer, ruminer les nombreuses références théologiques que le cardinal nous offre et les extraits des grands maîtres spirituels qu’il cite abondamment. Livre sur le silence, ces entretiens sont surtout une invitation à mieux prier et à mieux écouter Dieu.