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L’Angleterre privatise les écoles publiques

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L’information n’a pas filtré en France, aucun grand journal n’en a parlé. Et pour cause, c’est une véritable bombe pour un pays drogué à l’école publique et incapable de penser la liberté scolaire. L’Angleterre est pourtant en train de le faire. Lors de la présentation du nouveau budget, le 17 mars dernier, le ministre anglais des finances, George Osborne, a annoncé la privatisation de toutes les écoles publiques d’ici 2020. C’est l’achèvement d’un processus de décentralisation et de responsabilisation commencé en 2010.

Lorsque David Cameron devient Premier ministre en mai 2010, l’école anglaise est dans une situation lamentable. Fidèle à son projet de Big society, le nouveau gouvernement décide de réformer l’école en injectant plus de liberté, et non pas plus d’étatisme. Dès la rentrée de septembre 2010, le gouvernement donne la possibilité de créer des free schools. Il s’agit d’écoles fondées par des parents, des entreprises ou des associations et financées par l’État par un système qui s’apparente au chèque éducation. Ces écoles libres peuvent recruter leur personnel, bâtir leurs programmes et organiser librement l’année scolaire. Le succès est immédiat puisque des centaines d’écoles libres se créent.

Dans le même temps, le gouvernement cherche à insuffler de la liberté dans les écoles d’État. Pour cela, il crée le statut d’Académie (Academies). Ce sont des écoles publiques, financées par de l’argent public, mais qui disposent d’une gestion privée, avec les mêmes prérogatives que les écoles libres (liberté de recrutement et de pédagogie). Ce système n’est valable qu’en Angleterre, l’Ecosse et le Pays-de-Galles ayant une gestion scolaire différente.

L’Angleterre compte déjà 2 075 Academies dans le secondaire, sur 3 381 écoles, et 2 440 sur 16 766 dans le primaire. Le but du gouvernement est donc que l’ensemble des écoles publiques d’Angleterre acquiert ce statut dans quatre ans. Voilà comment en six ans, par la primauté donnée à la liberté, le gouvernement Cameron a totalement réformé l’école, permettant à la fois de faire d’importantes économies et d’améliorer le niveau scolaire.

Et en France ?

Rappelons qu’en France, outre les désastreux résultats scolaires, les dépenses totales d’éducation s’élèvent à 146 milliards d’euros annuels, soit en moyenne 7 760€ par élève. De quoi tordre définitivement le cou au mythe de l’école gratuite. Plusieurs rapports, dont ceux de la Cour des Comptes et de l’IFRAP, ont démontré que l’école privée coûtait en moyenne 40% moins cher que l’école d’État, pour des résultats bien supérieurs. Il serait donc temps d’abandonner l’idéologie et de suivre le pragmatisme anglais en accordant la liberté aux établissements, aux parents et aux professeurs. Le gouvernement actuel n’en prend pas la route.

On le voit venir avec ses gros sabots qui, au nom de la lutte contre le salafisme à l’école, est en train de préparer un arsenal juridique pour limiter la création d’écoles libres. Aujourd’hui, il y a plus de 700 écoles indépendantes en France (c’est-à-dire hors contrat), scolarisant un total de 60 000 élèves, et plus d’une cinquantaine d’écoles se créent tous les ans. D’autre part, ces écoles arrivent à recruter, alors que l’Éducation nationale est confrontée à une pénurie de candidats aux concours et à des démissions de plus en plus nombreuses, si bien que le ministère ne peut plus assurer la présence d’un professeur dans toutes les classes.

Pourquoi cette peur de la liberté ?

Si les écoles libres sont moins couteuses et sont plus efficaces que les écoles d’État, pourquoi ce refus d’accorder la liberté scolaire, pourquoi cette réticence à libéraliser l’éducation ? Les opposants à la liberté invoquent la justice sociale et l’égalité, les grands mythes que l’on brandit quand il s’agit de justifier la mainmise de l’État. Pourtant, à chaque fois que l’on a libéralisé un secteur de l’économie, cela s’est traduit par un service moins couteux et de meilleure qualité. Imagine-t-on revenir au monopole de France Telecom ? Imagine-t-on supprimer les radios libres et revenir au temps de l’ORTF ? Voudrait-on de nouveau nationaliser le gaz et l’électricité, refonder la Régie Renault et établir le monopole d’Air France ? Depuis plus de trente ans, nous avons pu goûter aux bienfaits de la liberté économique. L’un des derniers secteurs à privatiser est celui de l’éducation.

Si l’État veut maintenir son monopole sur l’école c’est uniquement pour des questions idéologiques : il s’agit de contrôler le formatage des enfants et d’imposer la pensée de l’État. Mais l’idéologie se fracasse toujours sur le réel. Ici, il s’agit de l’illettrisme endémique, du gaspillage financier, de la dérive intellectuelle de l’école.

Alors, à l’exemple des Anglais qui ont considérablement amélioré leur système scolaire, privatisons le nôtre, en accordant l’autonomie aux chefs d’établissements et la liberté aux professeurs et aux parents.