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Entre islamisme et vote FN : le double échec de l’Education nationale

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Entre les attentats du 13 novembre et le vote aux régionales, ce sont deux échecs majeurs que connaît l’Éducation nationale : celui de l’incapacité à former des républicains et à formater la jeunesse. Les deux événements ne sont pas à mettre sur le même plan, bien sûr, mais ils témoignent tous deux de la faillite d’une institution qui tourne désormais dans le vide. Mi-novembre, la France constatait que de jeunes Français âgés d’une vingtaine d’années, qui avaient donc passés entre 10 et 13 ans sur les bancs de l’école, recevant en partage le lait républicain de la laïcité, de l’égalité et du vivre-ensemble, avaient sombré dans l’islamisme, se formant au djihad et attaquant des jeunes du même âge qu’eux ; qu’ils avaient peut-être même côtoyés à l’école. C’est, incontestablement, un échec de l’école républicaine, telle qu’elle se pense, et telle qu’elle s’imagine, dans ses fonctions de formation des consciences.

Deuxième échec, le vote aux élections régionales. Les votants ont accordé un large suffrage au FN or, les enquêtes d’opinion le démontrent, les jeunes votent en grande partie pour ce mouvement. Déjà, lors de la présidentielle de 2012, Marine Le Pen avait capté davantage de voix des jeunes (18-25 ans) que François Hollande. Voilà donc de frais émoulus citoyens qui, pendant au moins dix ans, ont eu des professeurs dont l’orientation idéologique allait, sauf exception, de la gauche à l’extrême-gauche, qui leur ont répété ad nauseam que le FN était le diable, qu’il menaçait les valeurs de la République, qu’il abîmait la France, et qui, sitôt leur carte d’électeur en main, votent pour ce parti qu’on leur a enjoint de détester. Les professeurs qui s’imaginent encore en hussard noir de la République devraient prendre cela pour un échec personnel. Si les résultats au bac augmentent, si les programmes sont appliqués avec rigueur, l’Éducation nationale échoue dans son rôle principal, qui consiste à produire des républicains. La personne qui occupe le ministère actuellement devrait s’en préoccuper grandement.

Il y a trois façons d’interpréter ce vote si contraire à tout le formatage que les élèves ont reçu. Certains pourront y voir un acte de rébellion contre l’autorité et une transgression de l’interdit, si plaisant quand on est jeune. D’autres pourront se demander si le vide des programmes et le nihilisme culturel qu’on leur dispense ne rend pas ces citoyens vulnérables aux discours populistes. D’autre encore pourront interpréter cela comme un acte de revanche contre des politiques qui ont refusé que l’école soit le lieu de la transmission des savoirs et de la formation de l’esprit. Quel crédit accorder aux hommes politiques de droite et de gauche qui se satisfont de la déliquescence de l’école et qui n’ont, comme ultime solution, que les plans numériques à la bouche et la pédagogie inversée ? Des jeunes tuent politiquement ceux qui ont voulu les tuer culturellement.

Le suicide de la jeunesse

Troisième échec de l’Éducation nationale, le nombre très élevé de suicide chez les jeunes. D’après les statistiques du Ministère de la Santé, c’est la première cause de mortalité dans cette catégorie d’âge. C’est probablement ce qu’il y a de plus inquiétant pour l’avenir du pays et la survie de la nation. Le même ministère explique clairement, sur sa page internet consacrée aux suicides chez les Français, que ceux-ci tuent trois fois plus que les accidents de la route. Un chiffre impressionnant qui amène alors à se demander pourquoi le gouvernement met tant de moyens à lutter contre la violence routière, et quasiment aucun à empêcher les suicides. De même, comment croire que l’Éducation nationale n’a pas une part de responsabilité dans ce suicide de la jeunesse.

Un nihilisme dévastateur

Si les attentats du 13 novembre et les élections régionales ne sont pas à situer sur le même plan, ils ont en revanche un élément en commun : celui de s’inscrire dans une séquence de dévoilement de la faillite de l’école républicaine. Puisque la fonction première de celle-ci n’est pas de transmettre des savoirs ni de former des intelligences mais de diffuser une idéologie chez ses élèves (l’école comme séminaire de la république disait Gambetta), alors nous constatons que celle-ci a échoué dans ce rôle. Le nihilisme qu’elle inculque et qu’elle produit amène là-bas à se perdre dans le djihadisme, ici à se fourvoyer dans l’extrémisme et là à se tuer par le suicide. Des raisons supplémentaires d’en finir avec ce système en rétablissant la liberté scolaire et en favorisant les écoles libres.