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Des enseignants recrutés au rabais

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Il y a pénurie d’enseignants. De plus en plus de classe n’ont plus de professeurs et l’Education nationale n’arrive plus à recruter.

Pour remédier à cela les rectorats n’hésitent pas à recruter des personnes incompétentes. Jean-Paul Brigheli raconte comment.

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Élise Lucet ne passe pas pour bidouiller ses reportages. C’est du costaud. Du vécu. D’aucuns le lui reprochent assez. Lorsqu’elle s’attaque au recrutement – en urgence – de nouveaux enseignants par les rectorats, on n’en croit pas ses yeux ni ses oreilles – sauf quand on est dans l’enseignement. Parce que nous savons bien que dans le monde enchanté de Mme Vallaud-Belkaem ça se passe comme ça.
Session de rattrapage pour ceux qui n’auraient pas vu l’émission – ou qui n’en auraient pas dégusté tout le suc.

« Le métier d’enseignant ne fait plus rêver », ainsi commence Élise Lucet. Et d’enfoncer le clou aussitôt : « Le ministère peine à recruter des enseignants motivés. » Alors un jeune journaliste de la rédaction de France 2 part au casse-pipe : il a cherché à se faire recruter comme prof de maths alors que, de son propre aveu, il sait à peine poser une division.

« Collège ou lycée ? »

Le ministère recrute 25 000 contractuels chaque année. Pour postuler, rien de plus simple : un CV et trois années d’études dans la matière concernée. Sauf que le journaliste postule sur quatre matières avec un diplôme de Sciences-Po. N’empêche. Trois jours plus tard, le voici convoqué par le rectorat de Créteil pour un entretien d’embauche de prof de français.

« À deux jours de la rentrée, il reste beaucoup de postes à pourvoir. » Notre candidat se retrouve face à un « filtre pédagogique et didactique ». Bon, il ne sait pas distinguer une relative en « quoi que » et une concessive en « quoique ». Analyse grammaticale bidon, connaissances néant. D’ailleurs, interrogé sur la fabrication d’une proposition relative, il confond avec une subordonnée de but.

Résultat ? Avis favorable ! Le filtre laisse passer les grosses impuretés. Mais c’est qu’on lui a reconnu « une grande honnêteté intellectuelle » ! Faute avouée est tout à fait pardonnée. « Collège ou lycée ? » lui demande son interlocuteur rectoral. Thé ou café ? Le voici quasi titulaire.

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