Jean-Baptiste Noé

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Chapellerie Traclet

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Les chapeliers ont soudainement disparu des paysages urbains, emportés par le délaissement des chapeaux. Chose ô combien curieuse de l’histoire de l’habillement. Depuis des générations il était inimaginable de sortir sans couvre-chef. Sortir tête nue était même une peine de pénitence imposée par l’Inquisition aux hérétiques récalcitrants. Jusque dans les années 1970 tout le monde, hommes et femmes, portait un chapeau et, en l’espace d’une vingtaine d’années, tout a disparu. Le chapeau reste un peu l’apanage des femmes pour les cérémonies ; alors que les hommes sont tous tête nue. Pourtant, au-delà de l’esthétique, le chapeau a d’indéniables utilités pratiques : en paille, il protège du soleil l’été, en feutre, du froid et de la pluie l’hiver. Combien d’insolations et de grippes seraient évitées si les hommes portaient un chapeau, d’autant que l’on en trouve de tous les types, matières, modèles et prix.

Corolaire de cette disparition, les chapeliers se sont évaporés. Autre surprise, il est plus facile de trouver une chapellerie en province qu’à Paris. Seuls les grands noms parisiens sont restés : Motsh, en allant sur les Champs-Élysées, rue Georges V ; Authentic Panama rue de Miromesnil, Borsalino rue de Grenelles. Et encore, Motsch n’a dû sa servie qu’au rachat in extremis par Hermès. Toutes ces boutiques sont belles, mais les chapeaux y sont luxueux et chers. Boulevard de Sébastopol on trouvait jadis la chapellerie Boussac qui a fermé, rachetée par Céline Robert. Elle fait de beaux chapeaux, mais ce sont surtout des chapeaux de création pour les femmes, donc exclus les hommes.

En province en revanche, quelques belles chapelleries demeurent, présentant différents styles de chapeaux, accessibles et de belle qualité. Albi, la capitale du Tarn, en compte deux : Villeneuve, rue Timbal, et Autan modes, rue Sainte-Cécile. Je ne connais pas la première, je n’ai fait que passer devant la devanture. La deuxième est un magasin soyeux et courtois, où les chapeaux s’emmêlent et où l’on prend plaisir à les essayer et à en discuter. Le personnel est très compétent.

À Lyon, c’est Weiss qui tient les rênes de mon cœur. D’abord parce que la boutique est belle, dans le pittoresque passage Argue, où il fait bon flâner et dérouler ses pas. Le choix y est très large et les conseils avisés. Si je poursuis l’énumération des chapelleries que j’ai visitées, il y a bien sûr celle de Nice, rue Gioffredo. Un vaste choix, des conseils pertinents et une bonne écoute. Dans toutes ces boutiques, on trouve un très large choix de chapeaux, à des prix abordables.

Enfin, on mentionne souvent internet pour le présenter comme le tueur à gages du petit commerce. Certains ont pourtant réussi à survivre et à se développer grâce à cet outil. C’est le cas de la chapellerie Traclet, basée à Roanne, avec un autre magasin à Saint-Étienne. On ne peut pas dire que le bassin de population de ces magasins soit très large. Traclet a développé un site internet de très grande efficacité, sans cesse modernisé. Avec celui-ci on peut facilement choisir ses modèles, ses marques, ses matières et ses prix ; et le choix est immense. Grâce à la vente en ligne et à la correspondance, Traclet peut toucher des clients bien au-delà de sa ville d’origine. Il faut aller sur leur site, au moins pour le plaisir des yeux, et pour se rendre compte que le monde du chapeau est vaste et important. En plus des produits proposés, Traclet met en ligne des conseils d’entretien et des présentations détaillées des différents types de chapeaux. C’est très complet, et toujours simple à comprendre. La livraison est sécurisée et se fait dans des délais rapides. Heureusement qu’il y a cette chapellerie de province pour pouvoir couvrir les Parisiens en mal de chapeaux et de boutiques les proposant.