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Actualité du christianisme en Asie

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L’Asie est souvent déroutante, et l’on peut avoir du mal à comprendre la vitalité de ce continent et ses enjeux religieux et spirituel.

C’est pourquoi je vous conseille la lecture de l’entretien du cardinal Ranjith, archevêque de Colombo, au bulletin des MEP. Vous pourrez ainsi en apprendre un peu plus sur le christianisme en Asie.

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Agé de 67 ans, archevêque de Colombo depuis 2009, créé cardinal en 2010, président de la Conférence des évêques catholiques du Sri Lanka, Mgr Malcom Ranjith est une personnalité centrale de l’Eglise catholique de ce pays. Le 29 novembre dernier, à Colombo, il a accordé à Eglises d’Asie l’interview ci-dessous.

Eglises d’Asie : Que représente la visite du pape pour les catholiques du Sri Lanka et pour le pays lui-même ?

Cardinal Malcolm Ranjith : J’ai invité le pape François à venir au Sri Lanka avant même qu’il n’apparaisse au balcon de Saint-Pierre, le jour de son élection, le 13 mars 2013 ! Son prédécesseur s’était rendu en visite sur tous les continents, excepté le continent asiatique. On a coutume de dire que l’Asie est le continent du XXIe siècle ; les principales religions y sont présentes et en sont issues. Il fallait que le pape vienne se rendre compte sur place.

Le pape m’a répondu qu’il viendrait volontiers mais que je devais le lui demander par écrit. Le 15 mars, je l’ai revu et il a réitéré son propos. De retour à Colombo, j’ai demandé à la Conférence épiscopale si une telle visite était opportune. La réponse étant positive, nous avons envoyé une lettre d’invitation au pape. Le gouvernement a été consulté et il a donné son accord en envoyant lui aussi une lettre d’invitation.

Le 8 février 2014, j’étais à Rome pour une rencontre avec les Sri-Lankais de la diaspora. C’est à cette occasion que l’invitation a été rendue publique ; le pape était présent à cette rencontre et il a répondu qu’il espérait pouvoir venir dans notre pays. Enfin, le 3 mai dernier, lors de notre visite ad limina à Rome, le pape a accepté notre invitation.

Que représente la canonisation du Bienheureux Joseph Vaz pour les catholiques du pays ?

Joseph Vaz (1651-1711) est né à Goa, en Inde. Ordonné comme prêtre séculier, il fonde en 1684 une société de prêtres, l’Oratoire de saint Philippe Néri. Il a alors vent des difficultés que les catholiques rencontrent au Sri Lanka, alors sous domination hollandaise, où seul le calvinisme avait droit de cité et où l’Eglise catholique était persécutée. Les fidèles étaient sans prêtre depuis trente ou quarante ans. Il a ressenti un appel à partir aider ces catholiques, lui qui avait la peau sombre et pouvait donc pénétrer l’île sans se faire immédiatement repérer comme l’étaient les missionnaires portugais.

Entré clandestinement dans le Nord de l’île, il a appris le tamoul avant de décider de partir plus au Sud, vers Kandy, à l’intérieur des terres, là où la domination hollandaise ne s’exerçait pas. Arrêté en cours de route, il est emprisonné par le roi de Kandy qui le soupçonne d’être un espion. Mais, une fois en détention, il impressionne ses gardes puis le roi lui-même par sa bonté. Le roi le libère et l’autorise à poursuivre son œuvre de prêtre. Il se rend ensuite à plusieurs reprises et clandestinement sur les côtes, sous contrôle hollandais. Il meurt exténué, à l’âge de 59 ans.

Il est considéré comme l’apôtre du Sri Lanka et il a sauvegardé le trésor de la foi à une époque où celle-ci était gravement menacée par la persécution. Sa réputation de sainteté date d’il y a très longtemps et notre Eglise a demandé sa béatification dès 1737. Il a fallu toutefois attendre la visite de Jean-Paul II à Colombo, le 21 janvier 1995, pour que celle-ci devienne réalité.

Quant à sa canonisation, la Conférence épiscopale a présenté à Rome le dossier d’un miraculé dont la guérison était due à son intercession, mais la commission médicale l’a rejeté. C’est donc le pape François qui a décidé de recourir à la procédure dite de la canonisation équipollente, procédure exceptionnelle qui ouvre la voie à la canonisation sans qu’un miracle ait été dûment constaté. Le pape a signé le décret de canonisation le 17 septembre dernier et il est clair que c’est sa visite au Sri Lanka qui a permis de faire enfin aboutir ce dossier.

L’Eglise à Sri Lanka va avoir son premier saint. J’ai coutume de dire que Joseph Vaz est « la fierté de Goa et le joyau de Sri Lanka ».

Source et suite.