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Voyage du Pape en Colombie

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Pour l’Homme nouveau, je propose une analyse du voyage du Pape en Colombie.

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« Demos el primer paso », faisons le premier pas, tel fut le thème du voyage du Pape en Colombie. Après Paul VI en 1968 et Jean-Paul II en 1986, ce fut le troisième voyage d’un pape dans ce pays. L’Amérique latine est le jardin de François. Il y a consacré 31 jours de voyage, contre 13 pour l’Europe et l’Asie. Il comprend l’esprit et la langue de ces habitants et il partage pleinement leurs peines et leurs difficultés. Tout voyage d’un pape est bien évidemment d’abord apostolique et spirituel. Mais tout voyage est aussi fortement politique et surtout celui-ci, dans ce pays. Comment ne pas faire de parallèle entre la visite de François en Colombie et celle de Jean-Paul II en Pologne ? Le second voulait abattre le mur du communisme et réconcilier les populations, le premier veut détruire les murs de la guerre et du sous-développement et bâtir les ponts de la paix et du pardon. Jean-Paul II était en lutte contre la guerre froide, François l’est contre « la guerre mondiale par morceaux » dont il ne cesse de dénoncer les méfaits.

Paix et réconciliation

L’Église s’est beaucoup investie dans les négociations menant à l’accord de paix entre les Farc et le gouvernement. Un accord qui a certes mis un terme à 50 ans de guerre, générant près de 300 000 morts et 7 millions de déplacés, mais qui n’a pas résolu la question de la paix. Le référendum sur l’accord a été rejeté par le peuple colombien. Non que celui-ci ne désire pas la paix, mais beaucoup étaient opposés aux conditions de celle-ci ; l’accord prévoyant l’amnistie de nombreux criminels et la réinsertion de certains chefs mafieux. L’Église locale n’avait pas donné de consigne de vote, les catholiques étant eux-mêmes partagés sur les modalités de l’accord. Le Pape n’est pas venu pour discuter du fond de celui-ci, mais pour enjoindre au pardon, à la réconciliation et pour encourager la justice.

Ce fut notamment le temps fort de la journée du 8 septembre où le Pape a présidé une grande prière pour la réconciliation nationale et a ensuite béni la croix de la réconciliation. Il a également visité la maison du jésuite saint Pierre Claver, qui a œuvré pour l’évangélisation des esclaves. C’est cet effort de pardon et de réconciliation que le Pape a tant cherché à mettre en avant, dans un pays qui est encore largement fracturé par la guerre : « Nous avons appris que ces chemins de pacification, de primauté de la raison sur la vengeance, de délicate harmonie entre la politique et le droit, ne peuvent pas ignorer les cheminements des gens. » (homélie à Carthagène).

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