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Tisane Les deux marmottes

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Chronique gastronomique

Deux marmottes, pour exalter les plantes

Hommage à ceux qui savent exalter les saveurs des produits et tirer le meilleur parti de la nature : c’est cela la science de la gastronomie. Dans un domaine inattendu, celui des tisanes, l’entreprise savoyarde « Les deux marmottes » a su mettre en sachet la saveur des plantes et raconter une histoire d’entreprise et de passionnés.
Quand le thé joue dans la cour des nobles, la tisane fait office de boisson de grand-mère, au mieux d’homme malade, en mal de transit retrouvé ou ayant besoin de se désintoxiquer de repas trop capiteux. L’infusion a l’image tenace des médicaments réservés aux usages médicaux. Les deux marmottes montrent que la saveur des plantes peut-être tout à la fois préservée et exaltée, et que la camomille, la verveine, le thym et la vigne rouge ont aussi leurs quartiers de noblesse.

Fondée en 1976, l’entreprise fut rachetée en 1999 par Jean-Marc Stezycki et sa femme (les deux marmottes). Entreprise familiale et artisanale, elle a grandi au fil des années, au point d’employer 40 salariés. Quant à son chiffre d’affaires, il est passé de 300 000 euros en 1999 à 6 millions en 2014. La tisane rapporte, se vend et s’exporte, puisque les petits sachets peuvent se trouver aussi à l’étranger.

L’entreprise mise sur la qualité. Elle veille à conserver au maximum la saveur des plantes par des exploitations fines et des extractions précises. Elle a aussi bâti toute une histoire, un véritable roman que l’on trouve sur son site internet. La mise en scène est complète, avec des dessins à la fois enfantins et recherchés, des boîtes en carton de belle qualité, et un imaginaire poussé. Les deux marmottes ne se contentent pas de proposer des plantes et des saveurs, mais aussi des histoires liées à leur région et aux montagnes qui donnent naissance à ces variétés de simples. Le grand jardin des Alpes est exploité au mieux, comme autrefois Marc Veyrat, quand il jouait lui aussi sur les extractions, les émulsions et les componctions de racines et de feuilles.
On se surprend alors à découvrir les senteurs du fenouil, celles du romarin, du citron et de la réglisse. Les herboristeries ont survécu, même s’il n’en reste qu’une vingtaine en France, et leur renouveau décolle avec le retour de la recherche des saveurs authentiques.

La plante sauve et soigne, même si elle peut aussi nuire, à trop forte dose. La tisane n’est pas encore bue pour le plaisir, mais pour l’utilité de ses vertus et de ses bienfaits, même si les deux peuvent se lier. Cachées dans leur petit sachet de coton, les plantes broyées et élimées restent invisibles : elles se camouflent auprès des rideaux d’une mise en scène séculaire, mais leurs arômes et leurs senteurs savent se rendre indispensables, et pointer nez et mains pour donner souffle et envie à ceux qui les redécouvrent de les aimer toujours. Un sachet, de l’eau chaude, et n’importe quelle condition peut faire advenir le plaisir des plantes, la redécouverte des lieux, la remémoration des montagnes, de la Savoie, de la Provence, ou de ces froides après-midi de janvier, après des retours de promenades dans les monts du Beaujolais. En hauteur ou au bord de la mer, les plantes n’ont pas disparu de nos horizons oniriques et gustatifs.