Jean-Baptiste Noé

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Syrie : l’erreur de l’Occident

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Frédéric Pichon, spécialiste du Proche-Orient qu’il sillonne depuis une décennie, publie un essai structuré et argumenté sur la situation syrienne. C’est une des premières analyses qui essayent de s’extraire de la propagande actuelle sur le conflit syrien, qui dure depuis 2011.

L’auteur montre les erreurs successives de l’Occident. D’abord dans le discours, où le conflit fut présenté comme la lutte de la démocratie contre la tyrannie. La démocratie servant d’optique unique à la compréhension des enjeux du monde, les pays d’Europe se sont unanimement levés contre Assad. L’autre erreur fut de soutenir les islamistes, par les mots et par l’argent, permettant ainsi le développement de foyers de guérillas alimentés par la venue de djihadistes venant de la région et d’Europe. La France a très tôt parié sur la chute de Bachar el-Assad ; en vain. Elle n’a pas voulu voir l’adhésion populaire qui régnait autour de lui, elle s’est voilé la face devant les crimes et les exactions commis par les milices islamistes. Tout aveuglée de démocratie, elle a refusé de voir que le camp d’en face n’en respectait nullement l’esprit et la pratique. La diplomatie compassionnelle et la tyrannie de l’optique démocratique ont empêché de comprendre le conflit, d’en saisir les enjeux, et d’y apporter des solutions viables.

Trois ans plus tard, la guerre continue. Avec elle, des milliers de morts et de déplacés, des crimes horribles, des viols et des mutilations, des villes détruites, tout un patrimoine culturel et spirituel dévoyé. Et la France se réveille subitement en découvrant que certains de ses enfants vont mener le djihad contre Assad.

Le conflit est loin d’être fini. L’Occident a une part de responsabilité dans sa durée et son intensité. Rien ne fut réellement fait pour l’empêcher, alors même que la Syrie reste la banlieue de l’Europe.