Jean-Baptiste Noé

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Souriez, vous êtes ruinés

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Le socialisme dure tant qu’il a l’argent des autres à dépenser. Mais que se passe-t-il quand les plumés ne veulent plus se faire tondre, que la dette devient insupportable et que l’argent des autres a disparu, bref que le pays est ruiné ?

C’est ce qu’imagine Yves Bourdillon, reporter aux Échos, dans un roman aux accents libéral. Le roman permet d’aborder les failles de l’État providence avec humour et de dénoncer ses travers avec plus d’efficacité qu’un long traité de philosophie politique.

Le personnage central est le journaliste Fred Beaumont qui travaille dans un journal de gauche et qui défend donc la cause des indignés et des Nuits Debouts. Mais pour payer les études de sa fille, en école de commerce, et arrondir les fins de mois, il est contraint de travailler également dans le journal adverse, beaucoup plus libéral, qui défend lui la cause des tondus. Le voilà donc contraint à la schizophrénie journalistique, écrivant pour deux journaux antagonistes des articles inversés. La situation n’est pas simple, d’autant qu’il craint d’être découvert, voire dénoncé.

L’humour au vitriol porte ce roman qui décrit non seulement la fin de vie d’un socialisme moribond, mais également les lacunes et les travers des salles de presse parisiennes. L’auteur apporte ici sa connaissance du milieu journalistique. Grèves et blocages se suivent, avec des pénuries d’essence et une instabilité politique chronique. Quand il est paru, le roman semblait être dans la pure fiction. Compte tenu des événements qui se déroulent depuis le mois de mai il devient presque une description des blocages du pays. C’est en tout cas un bon roman d’été, à lire pour se détendre, pour échapper un peu au quotidien, sans quitter la réalité.