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Rentrée scolaire : de bonnes choses en perspéctive

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École : de bonnes nouvelles pour la rentrée

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé plusieurs mesures qui entreront en vigueur à la rentrée 2017 afin de bâtir « l’école de la confiance ». La méthode choisie est la bonne : non pas imposer les directives par le haut, mais faire confiance aux acteurs (chefs d’établissements, professeurs) pour établir les changements. Cette méthode permet de responsabiliser les acteurs locaux qui peuvent prendre des décisions pédagogiques en fonction du public qui est le leur. Elle les responsabilise et les rend ainsi parties prenantes des mesures pédagogiques. Une petite musique de liberté se fait entendre, qui est très encourageante pour la suite.

(les parties citées sont extraites du site internet du Ministère, et reprennent la conférence de presse du ministre du 13 juin 2017).

« L’autonomie est une bonne chose dès lors qu’elle signifie liberté et confiance aux acteurs de terrain pour régler les difficultés des élèves. Demain, les équipes et leur chef d’établissement auront davantage de souplesse dans l’élaboration de leur projet pédagogique, en contrepartie d’une responsabilisation accrue et d’une évaluation plus régulière. L’autonomie, c’est aussi réaffirmer la place de l’État : se concentrer davantage sur la définition du cadre national et la vérification de l’atteinte par tous des objectifs fixés, que sur une volonté de gestion du moindre détail » peut-on lire sur le site du Ministère. Voilà qui change du monolithisme et qui permet d’intégrer les acteurs (professionnels et parents) dans le processus éducatif.

Quelles nouveautés ?

Plusieurs nouveautés vont apparaître à la rentrée prochaine, fondée sur la même idée : ne pas imposer, mais permettre aux établissements de choisir librement ce qui leur semble être le mieux.

Rythmes scolaires :
Possibilité est donnée aux communes de revenir sur la réforme Peillon :

« L’approche proposée offre des possibilités nouvelles aux acteurs locaux sans rien retrancher à celles qui existent actuellement :
Là où les communautés éducatives et les communes sont satisfaites de l’organisation actuelle, elles pourront tout à fait continuer à fonctionner selon les mêmes modalités.
Là où émerge un consensus local entre conseils d’école, municipalité et Inspecteur d’académie en faveur d’une autre organisation, une dérogation aux cadres existants sera possible. Ces évolutions pourront intervenir à la rentrée 2018. Là où les acteurs sont prêts, des expérimentations pourront avoir lieu dès la rentrée prochaine. »

La liberté et l’autonomie sont bien effectives dans les faits.

Réforme du collège :

« La réforme du collège est loin de faire l’unanimité. Nous souhaitons donner davantage de souplesse aux équipes pédagogiques dans l’organisation de leurs enseignements pour qu’elles puissent s’adapter aux besoins des élèves et porter le développement d’identités pédagogiques spécifiques pour leurs établissements. »

Retour aux classes bilangues, aux classes européennes et à l’ancienne organisation de l’enseignement du grec et du latin.

Quid des EPI ? « Le carcan des thèmes imposés (6 obligatoires sur 8 proposés) pour les EPI est levé pour donner davantage de souplesse aux acteurs et leur permettre de faire le choix d’EPI plus adaptés à leur projet d’établissement. »

Notons des termes que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre : carcan, souplesse, autonomie, liberté, adaptation. C’est une révolution !

Là aussi, le choix est laissé aux collèges :

« Les collèges qui veulent garder l’organisation pédagogique actuelle le pourront. Les établissements qui souhaitent faire évoluer l’organisation pour mettre en place un véritable enseignement de latin et de grec, développer les classes bilangues ou les sections européennes pourront le faire. »

Autres nouveautés :

Le ministre a confirmé le dédoublement des classes de CP en REP+ pour s’assurer que les élèves maîtrisent bien la lecture. Sera instauré aussi le programme « devoirs faits » pour permettre aux élèves volontaires de rester à l’école après la classe afin de faire leurs devoirs. C’est l’instauration d’études surveillées encadrées.

Réforme du bac

Dans son discours de politique générale, le Premier ministre a dit vouloir réformer le bac pour la session 2021. Les orientations précises n’ont pas encore été données, mais on peut les prévoir compte tenu des indications données par le ministre. Il s’agira probablement d’instaurer un contrôle continu (même si le ministre ne l’a pas confirmé) et des épreuves écrites resserrées autour de 3 ou 4 matières principales.

Cette mesure va dans le bon sens. Il y a déjà du contrôle continu au bac : les épreuves de langues ont un oral de 10 points noté en classe et un écrit de 10 points passé lors des épreuves du bac. En physique-chimie, les élèves de TS ont une épreuve de manipulation notée sur 4 points, l’écrit étant noté sur 16.

Le contrôle continu est tout à fait possible, et même souhaitable. Aujourd’hui, les lycéens sont déjà notés sur cette formule. La plupart des admissions dans le supérieur se font par l’étude des bulletins scolaires, donc par le contrôle continu. Les Terminales ont leurs résultats APB le 8 juin, pour des épreuves du bac qui commencent le 15. Pour eux, la véritable angoisse est la date du 8 juin, les résultats du bac ne faisant qu’entériner le travail de l’année. C’est pourquoi il serait bon de concentrer le bac sur 4 épreuves, ce qui mobiliserait moins de moyens et rendrait l’épreuve plus souple. Cela favoriserait aussi la rigueur et l’endurance dans le travail et non pas le bachotage de dernière minute.

L’ensemble de ces mesures vont dans le bon sens, notamment de par la méthode employée. Elles laissent de la liberté et de l’autonomie aux acteurs locaux, ce qui responsabilise les professeurs et les chefs d’établissements et les valorise. Or c’est de cela qu’ils ont besoin aujourd’hui. Ils font des études longues et ils passent des concours exigeants, on doit donc pouvoir s’appuyer sur eux pour assurer la bonne réforme de l’école.