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Pourquoi perd-on la guerre ?

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Pourquoi perd-on la guerre ?

C’est à ce nouvel art occidental que répond le géopolitologue Gérard Chaliand dans un ouvrage très dense, rempli de nombreux exemples, où l’analyse est constante. Sa thèse part d’un constat : l’Occident a la meilleure armée du monde. Il dispose d’une technologie hors-norme, largement supérieure à celle de ses adversaires, et pourtant il perd les guerres. Pourquoi ?

On invoque souvent les guerres coloniales pour justifier la victoire des Occidentaux par leur supériorité technique. La victoire était finalement facile et presque indécente. Or Gérard Chaliand démontre qu’il n’en était rien. Les Européens ont dû batailler ferme pour gagner en Afrique, avec peu d’hommes, loin de leur base, sur des terrains difficiles et face à des adversaires redoutables. La technologie a certes joué un rôle majeur dans ces victoires, mais c’est surtout la volonté de gagner des Européens qui a fait la différence. Or, aujourd’hui, cette volonté a disparu. On fait la guerre presque à regret. On refuse de comprendre l’adversaire et de regarder le monde avec son regard à lui, en s’imaginant que celui-ci pense comme nous.

Gérard Chaliand a bâti son livre en trois parties : La victoire un art occidental, Le retournement, L’enlisement de l’Occident. Difficile de résumer chacune d’elles, car elles sont toutes très denses et synthétiques, et toutes trois permettent d’affirmer et de développer la thèse de l’auteur.

On aurait aimé avoir un texte un peu plus long, mais sûrement est-ce une contrainte éditoriale de l’éditeur qui a imposé un nombre de signes restreints. Cela aurait permis d’étoffer l’analyse et de répondre à fond au sujet.

C’est un essai brillant et magistral, fruit d’une longue réflexion de l’auteur, d’une parfaite connaissance du sujet et du terrain. C’est l’avantage de l’âge : à plus de 80 ans, Gérard Chaliand entre dans la catégorie des sages qui savent voir les choses et les dires. C’est l’avantage, aussi et surtout, de conjuguer réflexion théorique et étude de terrain. C’est à lire, incontestablement. Ce livre promet d’être un classique.