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Pourquoi ils font le djihad

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Pourquoi ils font le djihad

Parmi les surprises des attentats de janvier 2015 il y a eu la confrontation avec une réalité que beaucoup ne voulaient pas voir : des jeunes nés en France, éduqués à l’école française, ayant passé toute leur vie en France, sont partis se former au djihad et sont revenus sur le territoire national pour commettre leurs crimes. Mohamed Merah a été le révélateur de cette terrible réalité. Aujourd’hui, on estime à plus de 1 000 le nombre de Français partis en Irak et en Syrie pour se former au djihad.
Grand reporter, fin connaisseur du Proche-Orient et des banlieues françaises qu’il parcourt depuis 20 ans, Jean-Paul Ney a voulu répondre à cette question : pourquoi font-ils le djihad ? Son enquête a commencé avant les attentats de janvier 2015 ; attentats qui ont confirmé ses analyses.

Nous assistons à l’émergence d’une jeunesse désintégrée et déformée, qui n’est ni d’ici (de France), ni de là-bas (du Maghreb). Elle n’a pas de pays, pas de territoire auquel se rattacher, si ce n’est sa cité et son quartier. Cette jeunesse est accroc à la violence extrême : nourrie de jeux vidéo réalistes et violents, formée aux films de mafieux et de gangsters, comme Scarface. Elle n’a pas d’horizon et d’ouverture ; le djihad lui en offre un. Pour l’auteur, l’islam n’est qu’un prétexte, car ces jeunes en connaissent peu de chose. Ce sont avant tout des mafieux, des criminels et des fanatiques d’une cause qui les dépasse. Ils sont très bien entrainés, ils connaissent très bien leur affaire, et ils savent agir avec professionnalisme.

L’auteur a pu visionner les vidéos que Merah a réalisées de ses meurtres. Il avait accroché une caméra à sa veste. L’attaque de l’école juive dure 41 secondes, entre le moment où il commence à tirer et le moment où il remonte sur son scooter. En 41 secondes, il tue quatre personnes, dont des enfants à bout portant, et de sang-froid.

Le livre est écrit sans voyeurisme et avec beaucoup de pondération. Jean-Paul Ney cherche à dresser un état des lieux et à expliquer une réalité sociale. Il explique aussi comment la police et les services anti-terroristes échafaudent des plans d’attaque afin de penser les actions à leur opposer. En filigrane il dépeint l’action des services secrets et de ceux qui luttent contre le terrorisme. Ce livre a l’avantage de la pondération et de la précision, et il se lit facilement. Il n’empêche qu’une question majeure demeure : comment lutter contre cette génération qui veut faire le djihad en France ? Pour l’instant, la réponse à cette question demeure floue.