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Poésie de la géographie

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Comme toutes les matières scientifiques la géographie a des termes de vocabulaire qui lui sont propres et qui permettent d’expliquer les phénomènes observés et étudiés. Certains sont très poétiques et méritent d’être connus du grand public, même s’ils sont peu employés. C’est le cas lorsque l’on étudie des cours d’eau. Le terme le plus connu est sans aucun doute la vallée, qui est un espace géographique qui joue un rôle essentiel dans l’organisation de l’espace, c’est en effet là que se concentrent souvent les populations et les axes de communication. Toutefois, le fond des vallées peut être marécageux, du fait de l’eau stagnante qui y séjourne, ce qui développe des maladies. L’assèchement des vallées a été la grande œuvre des siècles passés, notamment sous l’action des moines. La vallée peut être à fond plat ou à fond en V. Il est aussi intéressant de noter la symétrie existante entre les deux bords de la vallée, et notamment entre les deux versants qui se font face. Un mot à découvrir ici est le ripisilve, qui désigne la végétation poussant au fond des vallées.

Le cours d’eau forme des méandres, et ceux-ci sont plus ou moins encaissés. Le méandre indique que le courant est peu important, à tel point que la rivière n’arrive pas à creuser le matériel pédologique où elle circule. La forme en rond du méandre se nomme l’amphithéâtre de méandre, qui forme un lobe, qui est soit concave soit convexe. Dans ce méandre il est possible de noter la présence de sable, d’alluvions et de terrasses, ces dernières fournissant des renseignements sur les niveaux successifs de la rivière. En effet, lorsqu’un cours d’eau stagne il creuse son lit, et en s’enfonçant son lit se situe à un niveau plus profond, l’ancien lit formant alors les terrasses, c’est pourquoi il est facile de repérer les niveaux successifs des rivières, notamment dans les zones de canyon ou de gorges, comme c’est le cas en France dans les gorges de l’Ardèche. Mais le but de chaque cours d’eau étant de rejoindre la mer, celui-ci fait tout son possible pour raccourcir son cours, et donc couper les méandres. Il y a ainsi une zone où se fait l’érosion – à l’intérieur- et une zone où se fait des dépôts –à l’extérieur-, les dépôts étant souvent les matériaux érodés plus en amont. C’est ainsi que la matière des rivières ne disparaît pas, elle peut simplement être transportées quelques kilomètres plus loin. La fine partie d’un méandre se nomme un pédoncule de méandre, et le cours d’eau cherche toujours à couper ce pédoncule, afin de raccourcir son cours. On peut ainsi dire que la cueillette des pédoncules est une des activités préférées des cours d’eau. Si le cours d’un fleuve a donc tendance à devenir de plus en plus rectiligne, la vallée elle ne modifie pas sa forme. Donc elle qui a été formée par le cours d’eau perd son élément formateur. C’est un des aspects tragiques du cours d’eau, mais c’est une tragédie qui s’opère dans la poésie des mots.