Notre-Dame : continuer de faire vibrer les cœurs

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jeudi 25 avril 2019

Le centre historique d’une ville ou d’un pays n’est pas que le témoignage d’une sédimentation des siècles et le rappel des événements passés ; il est le témoin visible et continu de ce que nous sommes. Aucun homme n’est apatride, toute personne est de quelque part, d’un lieu, d’un terroir, auquel il peut se rattacher, par le cœur, l’esprit et le corps, même s’il voyage beaucoup, même s’il s’y rend peu souvent. Nous voyons aujourd’hui la confrontation de deux idées, celle de l’identification aux lieux, qui n’exclut nullement l’ouverture au monde, les voyages et la modernité, et l’effacement des lieux dans l’indifférenciation. Cela est notamment visible dans l’architecture, qui ne consiste pas seulement à édifier des bâtiments de vie, mais qui présente physiquement une idéologie. L’indifférenciation est marquée dans ces buildings qui se ressemblent tous. Ils sont certes très pratiques à utiliser, ils offrent les dernières nouveautés techniques, ils sont modulables et très confortables, mais ils n’ont ni âme ni esprit et sont d’une grande tristesse. Il devient presque impossible de reconnaître une ville moderne d’une autre, un central business district d’un autre CBD.

L’enjeu de l’architecture d’aujourd’hui est d’arriver à concilier la modernité et la technique tout en s’inscrivant dans l’esprit des lieux et en affirmant une véritable distinction géographique. C’est-à-dire en abandonnant l’idéologie de l’indifférenciation pour retrouver le chemin de l’identification. Un tel processus a déjà été réalisé dans le passé : les immeubles de style haussmannien et géorgien étaient à la pointe de la modernité, tout en affirmant l’originalité de leurs pays. Il en va de même pour le style baroque : certes il y a de nombreux points communs et un cadre général que l’on retrouve partout en Europe, mais le baroque de Vienne se distingue néanmoins de celui de Naples ou d’Amérique latine. L’indifférenciation s’insinue également dans le vêtement et la nourriture. C’est l’édification d’une immense tour de Babel où chacun devrait parler la même langue, vivre au même endroit et travailler dans la même direction. Babel s’est effondrée, comme tous les régimes qui ont tenté d’imposer l’indifférenciation culturelle.

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