Jean-Baptiste Noé

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Médée

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Intéressante personne que cette Médée que nous avons rencontré lors de la toison d’or. Médée fait partie de ces grandes figures féminines de la mythologie grecque, des figures qui peuvent encore nous enseigner et nous amener à méditer leurs actes. Fille du roi de Colchide est elle aussi la nièce de la magicienne Circé, celle-là même qui transforme les compagnons d’Ulysse en cochons. Médée est une femme qui n’a cessé de tuer pour arriver à ses fins, de tuer et de semer la mort autour d’elle. C’est d’abord pour épouser Jason, dont elle tombe amoureux lorsqu’elle le voit venir chercher la toison d’or. Le roi n’ayant pas envie de laisser partir Jason et ses compagnons elle assassine son frère afin de leur assurer la sortie du pays. Pour cela elle le tue et le découpe en plusieurs morceaux qu’elle éparpille au gré du vent. Le roi cherche alors à ramasser ces morceaux, ce qui lui fait perdre beaucoup de temps, et ce qui permet la fuite des Argonautes. Voilà un des premiers meurtres à mettre sur le compte de Médée. Le deuxième est celui de Pélias. En effet, pendant l’absence de Jason, Pélias a tué son père, le roi, ainsi que sa famille, et il s’est emparé du trône. Médée décide donc d’intervenir et d’utiliser la ruse. Elle se présente au palais devant les filles du roi. S’emparant d’un bélier elle le fait bouillir dans un chaudron avec des herbes magiques ; sous l’effet de ces herbes le bélier rajeunit. Toutes heureuses les filles de Pélias décident de faire de même avec leur père en utilisant les herbes que Médée leur a confiées. Mais elles ne savent pas que ces herbes sont inefficaces. Le roi Pélias est donc placé dans un chaudron, et mis à bouillir, sans l’action protectrice des herbes magiques. Les filles de Pélias ont donc tué leur père, sans le vouloir. C’est la deuxième revanche de Médée. Mais le fils de Pélias, Acaste, bannit Jason et Médée d’Iolcos, ceux-ci sont donc contraints de se réfugier à Corinthe.

Dans cette ville Jason tombe amoureux de la fille de Créon, qui est le roi de Corinthe. Il se marie avec elle et rejette Médée. On se doute que la nièce de Circée ne va pas rester sans rien faire. Elle cherche alors à se venger de cet affront en assassinant sa rivale. Pour cela elle lui offre une robe magnifique. Glaucé s’en revêt sans se méfier de Médée. Une fois mise la robe s’enflamme et brûle la jeune fille, en mettant aussi le feu au château. Mais la vengeance de Médée ne s’arrête pas là, elle décide de se venger aussi de Jason, non pas en l’attaquant directement mais en tuant ses enfants, qui sont aussi les siens, afin qu’il n’ait pas de descendance. La mère tue donc ses propre enfants de ses mains, elle qui a déjà tué son père. Jason est si désespéré qu’il se donne la mort. Cette infanticide pourrait s’excuser par la répudiation qu’elle a subie, il témoigne surtout de l’extrême cruauté de Médée.

Médée n’en n’a pas fini avec son destin funeste. Chassée de Corinthe elle se réfugie à Athènes, où elle épouse le roi Egée, laissé seul après le départ de son fils Thésée, parti en Crète pour chasser le Minotaure. Egée est convaincue de la mort de son fils, ce qui le rend sans descendance. Pour pallier ce manque il se marie avec Médée pour qu’elle lui donne un fils, ce qui advient au bout de quelques mois. Mais Thésée revient, il n’est pas mort, et Egée s’est suicidé en se jetant dans la mer car son fils avait oublié de changer la voile noire de son bateau. Ce retour contrarie les plans de Médée, la voilà mère d’un héritier qui doit affronter l’héritier légitime. Médée essaye d’empoisonner Thésée, mais cela échoue de justesse. Elle décide donc de rentrer en Colchide. A son retour elle découvre que son oncle a tué son père et est monté sur le trône. Médée réalise donc un nouveau meurtre, elle tue le roi et établit son fils sur le trône d’Eétès, ainsi le petit-fils du roi retrouve donc le trône qui est le sien, après de multiples périples, et comme dans une roue qui tourne toujours dans le sens de la destiné. On comprend qu’une figure si sanguinaire, et en même temps si humaine et si fascinante, ait pu inspirer Corneille pour sa pièce célèbre.