Jean-Baptiste Noé

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Lit-on mieux sur liseuse ou sur livre ?

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La mémorisation d’un texte lu est-elle plus aisée sur un livre papier ou sur une liseuse ? Cette question agite beaucoup les chercheurs et les lecteurs depuis que les liseuses ont été mises en vente.

Voici une étude qui démontre qu’il n’y a pas de différence entre les deux. D’autres études diront peut-être l’inverse, mais celle-ci a l’avantage d’être très complète et de bien poser le débat du sujet.

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La question de savoir si la lecture numérique est différente de la lecture papier agite depuis de nombreuses années chercheurs et commentateurs. Aux cris d’orfraie des Cassandre répondent ceux de leurs contempteurs, comme le soulignait déjà le dossier que je consacrais au sujet en 2009.

Récemment, une étude a fait le tour de la presse internationale (Guardian, New York Times, Rue89...) et j’étais un peu énervé de la synthèse qui en était faite, qui semblait un nouveau pavé dans la mare du sempiternel débat autour de l’électronique et du papier... En fait, le constat qu’on mémorise moins bien au format numérique qu’au format papier me semble si éloigné de la réalité des pratiques et des constats des experts ("Quand on observe de près les effets des écrans sur le cerveau, on constate que le support informatique ne change pas grand-chose à la lecture" dit Stanislas Dehaene), que j’ai voulu en savoir plus.

A la conférence IGEL qui se tenait en juillet à Turin, Jean-Luc Velay du Laboratoire de neurosciences cognitives de Marseille et Anne Mangen de l’université de Stavanger en Norvège ont fait la présentation d’une étude (qui n’a pas encore été publiée) qui semble enfin préciser l’objet du débat.

Le protocole d’étude mis en place était assez simple, m’explique patiemment Jean-Luc Velay. Les chercheurs ont donné à lire à 50 étudiants marseillais (bac+2 à bac+8) une nouvelle policière de 28 pages de la romancière Elisabeth Georges : la moitié disposait de la nouvelle au format électronique et devait la lire sur une liseuse dont les pages se tournaient avec des boutons, l’autre sur papier... Les chercheurs ont passé du temps à établir les groupes pour qu’ils soient le moins déséquilibrés possible. La plupart des étudiants n’avaient pas vraiment l’habitude de lire en numérique. Chacun devait lire la nouvelle puis, immédiatement après, répondre à un long et détaillé questionnaire, ce qui prenait en tout environ une heure trente par étudiant. Le but : mesurer la mémorisation, l’attention, la compréhension...

Suite et source.