Jean-Baptiste Noé

Le site web d’un historien

jean Baptiste Noé sur Facebook Jean Baptiste Noé sur Twitter Jean Baptiste Noé sur Google+ Chaine Youtube de Jean-Baptiste Noe

Le fait du prince

Accueil > Articles > Le fait du prince

C’est en montrant une partie de l’envers du décor que Béatrice Houchard révèle le fonctionnement de la Ve République. Des présidents qui exercent leur caprice pour promouvoir tel ami, pour faciliter telle nomination, pour faire obtenir telle médaille ou telle subvention. La cour élyséenne qui s’agite et s’active pour cueillir prébendes et hochets. À travers de nombreuses anecdotes et témoignages, Béatrice Houchard relate une partie de ces secrets qui ont structuré la vie politique française. La veulerie et la petitesse se succèdent dans ces jeux de pouvoir où il s’agit de paraître et d’être avec le Président. Des scènes de cour et de jalousie qui s’imbriquent dans le grand jeu du pouvoir français et qui sont parfois indispensables pour mener à bien de grandes réformes.

L’ouvrage s’appuie sur des entretiens avec des personnalités qui ont vécu au cœur du pouvoir. Mais il n’est pas qu’une série d’anecdotes faciles, il est aussi une réflexion sur ce qu’est la fonction présidentielle. Car si on peut s’émouvoir ou s’énerver de certains caprices ils sont aussi la loi du genre. Le fait du prince est au cœur du système présidentiel et de l’exercice même du pouvoir. On s’émeut de l’attribution de subventions pour tel village ou telle association, mais on ne s’émouvra jamais pour une subvention versée à son association : la chose sera bien sûr normale et justifiée par l’intérêt collectif. Les prébendes ne plaisent pas, sauf lorsqu’elles sont tournées vers soi.

L’ouvrage analyse aussi les rapports de pouvoir, notamment entre les présidents et les Premiers ministres, et la façon dont chaque président les ont coordonnés. Élu par le suffrage universel ils ont forcément une aura que n’ont pas les ministres. En dernier ressort, le président doit décider seul, y compris et surtout dans les moments difficiles. Le prince est souvent seul, en dépit des illusions et des apparences de la cour ; une cour qui sert aussi à donner l’illusion à celui-ci qu’il est bien entouré quand en réalité il demeure solitaire.