Jean-Baptiste Noé

Le site web d’un historien

jean Baptiste Noé sur Facebook Jean Baptiste Noé sur Twitter Jean Baptiste Noé sur Google+ Chaine Youtube de Jean-Baptiste Noe

Le Vin & le Sacré

Accueil > Articles > Le Vin & le Sacré

« Il faut goûter le vin avec modération mais sans cesse parce qu’on atteint grâce à lui l’ivresse du sacré. L’ordre religieux du monde repose sur le vin. » Saint Thomas d’Aquin

Dans sa collection « Le Vin & … » les éditions Féret propose un nouveau membre de la famille avec Le Vin & le Sacré, un très bel ouvrage d’Evelyne Malnic richement illustré. Le livre reprend le fil classique qui consiste à démontrer à quel point vin et spiritualité sont liés, aussi bien dans les religions antiques que les religions asiatiques, avec le point culminant de la foi catholique. On y retrouve les nombreuses mentions de la vigne et du vin dans la Bible, ainsi qu’une exégèse des paraboles viniques du Christ. On y retrouve aussi le rôle essentiel des moines et des évêques dans l’amélioration et la diffusion du vin en Europe et en France. La route des monastères est une route viticole. Voilà en un beau volume le grand tour des rapports entre le vin et le sacré.

La richesse du livre réside dans ses textes et aussi dans ses illustrations. Le grand format employé permet de mettre en valeur les nombreux tableaux et les photographies qui ornent le texte. Les objets et les statues archéologiques des Egyptiens et des Gaulois nous plongent dans l’ensemble de la production artistiques liée au vin. Car si le vin est un art en lui-même, il féconde également d’autres arts, comme l’orfèvrerie (tel ce superbe calice du XIIe siècle en début d’ouvrage), la peinture, la musique, la sculpture.

Analysez les rapports entre le vin et le sacré, c’est étudier la question de l’ivresse, donc de la relation à la modération, à la sobriété et à la maîtrise de soi. Il y a la sainte ébriété, voisine de l’ivresse mystique, celle qui permet d’approcher Dieu et de le voir dans le vin « Quand le vin est pur, il fait voir Dieu » (Léon Bloy), et l’ivrognerie, qui détruit l’homme, l’avilit, le ravale au rang de bête. Il y a l’homme libéré, qui sait boire le vin et qui sait l’apprécier justement, et l’homme asservit, qui se plonge dans la biture et qui devient l’esclave de l’alcoolisme. Il y a ainsi la maison de l’ivrognerie et la maison du vin mystique, celle qui ouvre les portes du Paradis : « Introduisez-moi dans la maison du vin » Cantique des cantiques (2,4).