Jean-Baptiste Noé

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Le Saint-Siège et la lutte contre la pauvreté 1/2

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Coopération des nations et lutte contre la pauvreté. Politique du Saint-Siège

L’ancrage dans le monde du réseau diplomatique du Saint-Siège s’accompagne d’un ancrage dans l’espace, pour un pays qui, porté par l’universalité de son message, souhaite s’adresser à tous les hommes prêts à l’écouter.

« Le message chrétien a été décisif pour faire comprendre à l’humanité que les peuples tendent à s’unir non seulement en raison de formes d’organisation, de conjonctures politiques, de projets économiques ou au nom d’un internationalisme abstrait et idéologique, mais parce qu’ils s’orientent librement vers la coopération, conscients d’être des membres actifs de la famille humaine universelle. »

Cette famille humaine, regroupée dans le concert des nations, est organisée selon des règles fondamentales qui régissent la communauté internationale.

« Le caractère central de la personne humaine et la disposition naturelle des personnes et des peuples à nouer des relations entre eux sont les éléments fondamentaux pour construire une vraie Communauté internationale dont l’organisation doit tendre au véritable bien commun universel . (…) La coexistence entre les nations est fondée sur les mêmes valeurs qui doivent orienter celles entre les êtres humains : la vérité, la justice, la solidarité et la liberté . »

L’entente des nations dans la communauté mondiale

Dans l’intangible débat entre souveraineté nationale et ordre multinational, le Saint-Siège reconnaît la nécessité d’organiser une communauté internationale, mais dans le respect de la primauté du cadre des nations.

« La sollicitude pour une coexistence ordonnée et pacifique de la famille humaine pousse le Magistère à mettre en relief la nécessité d’instituer « une autorité publique universelle, reconnue par tous, qui jouisse d’une puissance efficace, susceptible d’assurer à tous la sécurité, le respect de la justice et la garantie des droits . » (…) Il est essentiel que cette autorité soit le fruit d’un accord et non d’une imposition, et qu’elle ne soit pas comprise comme « un super-État mondial . »

La coopération pour le développement

Si la communauté internationale se regroupe et se structure, c’est essentiellement pour parvenir à créer un ordre de coopération pour le développement. Les différents niveaux de développement économique et humain que l’on trouve de par les continents incitent les pays à s’organiser et à se structurer pour pallier les déficiences des uns et des autres. Le Saint-Siège entend prendre sa part dans la contribution collective au développement des peuples et des nations.

« Le sous-développement semble une situation impossible à éliminer, presque une condamnation fatale, si l’on considère le fait qu’il n’est pas seulement le fruit de choix humains erronés, mais aussi le résultat de « mécanismes économiques, financiers et sociaux » et de « structures de péché » qui empêchent le plein développement des hommes et des peuples.
Ces difficultés doivent cependant être affrontées avec une détermination ferme et persévérante, car le développement n’est pas seulement une aspiration, mais un droit qui, comme tout droit, implique une obligation . »

Le Saint-Siège reconnaît la valeur du marché libre comme élément déterminant du développement économique et social. Il rappelle que ce sont les États qui ont le moins accès à ce marché qui sont le moins développés, et il plaide donc pour une liberté et une égalité de connexion à la mondialisation.

« La doctrine sociale encourage des formes de coopération capables de favoriser l’accès au marché international de la part des pays marqués par la pauvreté et le sous-développement. « Il n’y a pas très longtemps, on soutenait que le développement supposait, pour les pays les plus pauvres, qu’ils restent isolés du marché mondial et ne comptent que sur leurs propres forces. L’expérience de ces dernières années a montré que les pays qui se sont exclus des échanges généraux de l’activité économique sur le plan international ont connu la stagnation et la régression, et que le développement a bénéficié aux pays qui ont réussi à y entrer. Il semble donc que le problème essentiel soit d’obtenir un accès équitable au marché international, fondé non sur le principe unilatéral de l’exploitation des ressources naturelles, mais sur la valorisation des ressources humaines . »

Il définit ensuite les causes de la pauvreté, avec une grande clairvoyance, notamment pour l’analyse des facteurs d’exclusion sociale.

« Parmi les causes qui concourent le plus à déterminer le sous-développement et la pauvreté, en plus de l’impossibilité d’accéder au marché international, il faut mentionner l’analphabétisme, l’insécurité alimentaire, l’absence de structures et de services, le manque de mesures pour garantir l’assistance sanitaire de base, le manque d’eau potable, la corruption, la précarité des institutions et de la vie politique elle-même. Il existe un lien, dans de nombreux pays, entre la pauvreté et le manque de liberté, de possibilités d’initiative économique, d’administration de l’État capable de mettre en place un système approprié d’éducation et d’information . »

Le dernier paragraphe peut se lire comme une ode au capitalisme, notamment dans la défense de la liberté économique et administrative, et dans l’appel à bâtir un État qui n’entrave pas la liberté des personnes. Cette vision de la mondialisation et du marché économique, un marché au service de l’homme et non des structures financières et de l’argent, peut ensuite être défendue dans les instances internationales où le Saint-Siège est présent, et sur le plan mondial par les documents pontificaux.