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Le Saint-Siège et la Grande Guerre

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Le Comité Pontifical des Sciences Historiques organise un colloque consacré à l’action du Saint-Siège pendant la Première Guerre mondiale. L’organisateur de ce colloque, le Père Bernard Ardura, en présente les grandes lignes :

Zenit - Pourquoi ce colloque ?

P. Bernard Ardura - Le Comité Pontifical des Sciences Historiques, fondé par Pie XII en 1954, voici soixante ans, pour permettre au Saint-Siège d’être présent dans les organisations internationales chargées d’étudier les questions historiques, organise ce Colloque International, en coopération ace l’Académie de Hongrie à Rome et la Commission Internationale d’Études du Christianisme.

L’ouverture du colloque aura lieu mercredi 15 octobre à 16h00 en présence du Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, et se poursuivra le 16 octobre dans l’Aula San Pio X, Via della Conciliazione 5, avec entrée Via dell’Ospedale. La dernière journée, vendredi 17, se déroulera au siège de l’Académie de Hongrie à Rome, via Giulia 1.

Après un siècle de recherches, d’études et de publications sur la Première guerre mondiale, il est utile que le Saint-Siège invite les meilleurs spécialistes de ce conflit pour revisiter, en quelque sorte, l’historiographie construite autour de l’événement, pour en faire une relecture, avec le bénéfice d’un plus grand recul et surtout pour essayer de mieux comprendre les différents facteurs ayant abouti à ce que le Pape Benoît XV a qualifié , en son temps, de « massacre inutile ». L’historien n’est pas un juge, c’est un chercheur qui tente de comprendre en étayant les faits établis de preuves documentaires.

Quelles sont les grandes lignes du programme ?

À côté des historiens représentant les pays belligérants, qui nous feront comprendre comment le conflit fut vécu par leurs concitoyens et comment furent accueillies ou non les initiatives de paix du Saint-Siège, nous tenterons de mieux comprendre les dynamiques de plusieurs secteurs de la société en guerre.

De notre point de vue, il est important d’analyser les initiatives de saint Pie X au début de la guerre et de Benoît XV en 1917, ainsi que les réactions des catholiques et des autres croyants face à ces tentatives pour conjurer, puis limiter le conflit.

Nous étudierons le comportement des aumôniers militaires qui partagèrent la vie et les épreuves des hommes dans les tranchées, ainsi que l’œuvre d’assistance assurée par des religieux et religieuses pour servir la Patrie et l’œuvre accomplie par l’Ordre de Malte et la Croix Rouge.

Souvent oubliées par les études sur la Première guerre mondiale, les femmes restées seules dans les campagnes et dans les villes où étaient concentrées les industries d’armement, ont assuré un travail qui a profondément modifié leur rôle dans la société.

Cette guerre est qualifiée de « mondiale » : à travers les colonies, les populations de tous les continents furent concernées, mais la guerre a aussi eu des conséquences sur les missions animées par des religieux qui rentrèrent dans leurs pays respectifs, laissant seuls les missionnaires plus âgés et les religieuses. Ensuite, le traité de paix provoqua une redistribution de la carte des colonies et donc du personnel missionnaire.

Plusieurs interventions seront réservées à des historiens qui ont étudié des États à majorité protestante et orthodoxe.

Nous souhaitons également faire mieux comprendre l’essence de la position du Saint-Siège dans les conflits, surtout lorsque les combattants sont chrétiens, voire catholiques. Nous voulons expliquer que le Saint-Siège ne revendique pas tant une certaine « neutralité », mais plutôt une réelle « impartialité », en manifestant son intérêt pour la paix et en offrant sa contribution pour créer les conditions d’une vie digne, pacifique et solidaire.

Benoît XV qui n’a pas réussi à freiner les belligérants, mais la diplomatie vaticane s’est engagée pour la paix pendant tout le XXe s., sans se laisser décourager par les échecs apparents…

La diplomatie vaticane s’est employée, tout au long du XXe s. et à promouvoir la paix, malgré de nombreux échecs. Que l’on pense aux tentatives infructueuses de Pie X à l’aube de la Première guerre mondiale, de Benoît XV en 1917, de Pie XI et de Pie XII avant et pendant la Deuxième guerre mondiale, de Jean-Paul II pour conjurer la guerre en Irak...

Une seule fois, un pape du XXe siècle a été écouté : Jean XXIII dans la crise des missiles de Cuba, lorsqu’il a suggéré à Kennedy et Krouchtchev de retirer simultanément leurs navires de guerre en position de combat autour de Cuba. Les deux chefs d’État ont écouté le pape et nous ont évité la troisième guerre mondiale, la première de l’ère atomique.

Malgré les insuccès, la politique vaticane ne s’est jamais résignée et poursuit inlassablement la recherche de la paix, car rappelait Paul VI devant l’assemblée générale des Nations Unies, l’Église catholique est porteuse, depuis deux millénaires, d’un message de paix, et le pape n’est-il pas le représentant par excellence, du Prince de la Paix, qui a dit : « Bienheureux les artisans de paix » ?

Source Zenit. Lire la suite ici.