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La société du mensonge et la liberté

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Contre la société du mensonge, une société de liberté

L’histoire se dessine aussi par les générations qui la vivent, qui l’éprouve et qui la change. De la chute du mur de Berlin à ce début de XXIe siècle, ce sont trente années qui ont modifié les structures culturelle, politique et économique de l’Europe et de la France. Ce faisant, la génération née dans le sillage de la chute du Mur devient opérationnelle avec la loi du mariage pour tous. Chaque génération se distingue par un événement fondateur qui lui donne corps et unité. Celle de 14, celle des falaises de marbre, celle des Trente glorieuses, celle de mai 68. Beaucoup de qualificatifs ont été éprouvés pour tenter de définir la génération postcommuniste.

À la suite de Soljenitsyne et de son discours de Harvard, nous pourrions la circonscrire comme la génération du mensonge. S’exprimant au mois de juin 1978 devant un aréopage universitaire, l’écrivain russe tissait son discours autour de la devise d’Harvard, gravée sur son fronton : Veritas ; montrant comment cette exigence de vérité s’effaçait dans une propagation de mensonges accompagnant le déclin du courage. Ce sont les mensonges que l’on a cru abattre en 1989, quand la Pravda, la fausse vérité, s’est tue, et ce sont ces mêmes mensonges qui sont revenus, côté occidental, lors de la guerre balkanique d’abord où les télévisions ont montré de faux charniers attribués volontairement à des groupes innocents, comme Katyn en son temps. Cette génération pâtit de trois mensonges majeurs qui obèrent son avenir, à moins d’être abattus comme les chênes sacrés des Saxons.

Mensonge de l’Éducation nationale qui prétend édifier un homme nouveau en le coupant de ses racines et de son histoire. La génération des années 1990-2010 est la première à passer par une école qui refuse la transmission, qui allège jusqu’à rendre vide des programmes de lettres et de sciences, qui met en place des méthodes de lecture qui rendent analphabètes, qui efface des pans entiers de l’histoire de France. C’est la négation de l’école, au même titre que les démocraties populaires étaient tout, sauf des démocraties. Mensonge de ceux qui prétendent que l’on peut s’instruire et se former sans subir la rigueur du travail, de l’effort, de l’apprentissage et de l’attention en cours.

Mensonge de la dictature du relativisme, qui fait croire que des lois peuvent modifier l’anthropologie et la nature humaine, qui fait espérer le bonheur dans l’hédonisme, qui fixe comme finalité à l’homme la ligne noire matérialiste, effaçant la ligne bleue de la spiritualité.

Mensonge de l’État providence, qui s’est mué en un état permanent d’assistanat et de ponction fiscale, empêchant les plus faibles de sortir de leur pauvreté, créant des niches de richesse rentière pour les initiés et ceux qui savent profiter du système. Le même État obèse qui n’a qu’une dette immense à léguer à ses enfants, un système de retraite à bout de souffle, une sécurité sociale injuste, inefficace et au bord de l’explosion. Son message à la jeunesse est de lui donner le choix entre payer toujours plus d’impôt pour maintenir un système obsolète, ou l’exil vers des cieux étatiques plus justes et plus libres.

Le réel est l’ennemi du mensonge

Le mensonge se fonde sur la négation du réel ; mais le réel finit toujours par ressurgir. La génération du mensonge peut être celle de la liberté retrouvée, si elle sait défendre trois grands axes de liberté.

La liberté scolaire, qui passe par une autonomie des familles et des établissements. Liberté scolaire comme remède à l’échec scolaire ; responsabilisation des parents comme bouclier à la violence endémique. Liberté scolaire et confiance dans les professeurs pour élaborer leurs méthodes, leurs programmes, dans l’unique but d’assurer la transmission culturelle, au lieu de transformer les écoles en usine de conditionnement idéologique.

La liberté est l’antidote au mensonge

La liberté d’entreprendre, pour permettre aux jeunes qui le souhaitent d’ouvrir leur entreprise, d’embaucher, de créer de la richesse et des emplois. Voilà un rêve plus grand à promouvoir que la perpétuelle perspective des emplois aidés. En dépit de la chape de plomb entrepreneuriale qui pèse sur la France, nombreux sont ceux qui créent une entreprise. Que serait la France si la liberté d’entreprendre était totale. Abaisser les charges sociales et patronales, simplifier les procédures administratives, amaigrir le Code du travail qui prend du poids d’année en année. Permettre à chaque salarié de choisir son système de retraite et de protection sociale, afin de lui faire prendre conscience des coûts et des dépenses. La liberté d’entreprendre consiste à bâtir une société sur la confiance. Considérer cette génération comme des adultes capables de faire des choix mûrs, capable de se tromper, mais ne pas la confiner dans une perpétuelle immaturité de défiance.

La liberté souveraine. La souveraineté nationale est le fondement de notre liberté. Cette souveraineté doit se retrouver dans l’effacement de la dette française, qui obère notre indépendance nationale, mais aussi dans la construction d’une Europe confédérale, respectueuse des peuples et des nations. Bâtir une société sur la vérité, non sur le mensonge, c’est aussi reconnaître que le monde est dangereux, et que ce n’est pas en baissant sans cesse le budget de l’armée que l’on protègera la postérité des attaques à venir.

Il y a une soif indéniable de vérité qui libère dans une partie non négligeable de la jeunesse française. Aux hommes politiques qui sauront s’en faire l’écho appartiennent sûrement les succès futurs.

Si l’on demande pourquoi nous sommes morts,
Dites que c’est parce que nos pères ont menti.

Rudyard Kipling.