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La construction de la grande propriété viticole

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La recherche sur l’histoire du vin progresse et nous permet ainsi de mieux comprendre la constitution de l’Europe viticole que nous connaissons aujourd’hui. Après s’être intéressée à la culture viticole, la recherche actuelle se penche de plus en plus sur les notions juridiques du vin. Cela peut paraître un peu fastidieux, mais outre qu’il n’en n’est rien, c’est surtout essentiel pour bien circonscrire la formation des grands vignobles.

Le présent ouvrage est la publication des actes d’un colloque mené à Bordeaux sur le thème de la construction de la grande propriété viticole en France et en Europe, du XVIe au XXe siècle. Plusieurs historiens y ont participé, traitant de différentes régions françaises ainsi que de l’Espagne et de l’Italie.

Ce livre étudie le rôle des élites dans la mise en place de la grande propriété viticole. En effet, ces grands domaines sont les acteurs essentiels de la valorisation des vins et de la fabrique de la qualité. Alors que, dans l’esprit des consommateurs, la grande propriété est souvent associée à la standardisation des goûts et au nivellement de la qualité, et la petite propriété à une expression plus authentique des terroirs, l’ouvrage montre bien que c’est l’inverse qui s’est joué dans l’histoire, et que ce furent les grands vignobles qui ont bâti la grande qualité que nous connaissons aujourd’hui. Souvent, les petites propriétés n’ont fait que suivre le mouvement, ou bien ont disparu pour celles qui sont restées trop standardisées.

Le bon vin est un produit de culture et de finance. Il faut de l’argent pour investir dans des techniques de plus en plus modernes, il faut des capitaux pour s’ouvrir des marchés et pour mener des campagnes publicitaires. Ces moyens, seuls les gros domaines ont pu les fournir. Et seuls les clients fortunés ont pu suivre les prix nécessités par ces investissements. Comme toujours en histoire, connaître le passé est essentiel pour tisser des perspectives d’avenir et d’espoir.