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L’attentat de l’Isère est un prélude à de nouvelles attaques en France

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Communiqué du centre de recherche en géopolitique Synopsis, rattaché à l’école de Saint Cyr Coëtquidan.

Résumé

Acte de guerre, l’attentat du 26 juin 2015 s’inscrit dans la logique de
conquête religieuse préconisée par l’Etat islamique. Cet attentat révèle les limites du
système de surveillance mis en place contre les djihadistes, et pousse les armées à
repenser leur rôle de garant de la sécurité intérieure. Sans réponse appropriée de
leur part, cet attentat constituerait en effet le prélude à une déstabilisation plus forte.
Pourtant, une solution technique au défi djihadiste n’est nullement suffisante. S’ils ne
parviennent à élaborer une réponse culturelle, les pouvoirs publics pourront toujours
discourir, leur action restera vaine.

Le système de surveillance français déjoué par la tactique djihadiste de la taquiyya.

Identifié comme un danger potentiel par une fiche S (2006) en raison du
maniement d’armes et d’explosifs, Yassin Salhi a fait l’objet de deux fiches
supplémentaires en 2013 et 2014 par les services d’informations du Doubs en raison
de ses absences répétées de 2 à 3 mois dans les pays sensibles au contact de
musulmans salafistes adeptes du djihad. Sa perte de poids et le fait qu’il se soit rasé
la barbe sont les signes habituels du djihadiste se préparant spirituellement à une
attaque suicide.

Ces actions s’inscrivent dans l’idéologie salafiste djihadiste de la
taquiyya (sourate 3, verset 27), bien connue des juges antiterroristes, où le futur
criminel cache ses intentions à sa famille. Yassin Salhi semble avoir caché son
intention à son épouse et à ses proches. Il a modifié son apparence pour ressembler
à un occidental. Il possédait un badge pour entrer sur le site chimique et y travailler.
Ce type de stratégie est très difficile à détecter par les services de renseignement :
au moment où ils transmettaient son dossier à la DGSI, en mai 2014, les services
étaient incapable de surveiller Yassin Salhi, dépassés qu’ils étaient par l’ampleur des
départs de djihadistes français vers la Syrie. Manquant de moyens humains, la DGSI
n’a donc pu exercer une surveillance efficace sur l’individu. La surveillance statique
ou mobile du Plan Sentinelle n’a eu aucun impact pour empêcher l’attentat de se
faire.

L’auteur a soigneusement évité des cibles religieuses, politiques ou militaires. Il a
visé une cible économique, non surveillée par les forces de l’ordre. Le journal de l’EI,
Dar-al-islam n°3 de mars 2015, demandait de « ne pas chercher de cibles
spécifiques. Tuez n’importe qui. Tous les mécréants sont des cibles pour nous ». Le
malheureux chef d’entreprise décapité par ce djihadiste a été une cible car il était
considéré comme un mécréant. Or, en dispersant nos forces sur des cibles
potentielles, en les épuisant et en ne les entraînant pas, nous les avons rendues plus
vulnérables et peu préparées à réagir à une attaque sur une autre cible. Il est par
conséquent nécessaire de redéfinir l’Opération Sentinelle à l’aune des expériences
d’Ahmed Ghlam et de Yassin Salhi.

Il faudrait que chaque commissariat ait des
policiers entraînés en alerte 24 h sur 24 et dispose d’armes automatiques. Les
policiers et les gendarmes seraient alors aux premières loges pour intervenir, comme
ils l’ont montré par quatre fois lors des attentats de janvier. L’infériorité de leur
armement, malgré leur bravoure, a expliqué leur incapacité à réduire les terroristes.

Suite la suite de l’analyse dans le document joint (3 pages).