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L’Eglise est active contre Daesh

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Interrogé par Alexandre Meyer pour Aleteia, j’explique la position du Saint-Siège face à Daesh.

L’article est signé avec d’autres auteurs.

Une tribune provocante, grinçante, parfois cruelle de Jean-Sébastien Hongre intitulée « Daech : l’insoutenable passivité de l’Église« , publiée sur Causeur.fr, déstabilise les chrétiens qui constatent amers, l’impuissance de l’Église à neutraliser le mal qui décime ses enfants. La colère est légitime face au drame terrible que vivent les chrétiens d’Orient comme le cri du désespoir face à l’inaction de l’Occident. La situation est angoissante mais cette tribune dresse un acte d’accusation injuste pour l’Église catholique.

Par Théophane Le Méné, Jean-Baptiste Noé, Patrice de Plunkett, Guillaume de Prémare et Jean-Marie Salamito

« Face aux persécutions, l’Église ne fait rien (…) tétanisée. Le Pape enjoint ses fidèles à prier. (…) Où est la rage de sauver les siens ? », déplore l’auteur de la lettre.

De quelle rage le Pape devrait il écumer ? Celle de l’empereur mesurant le terrain perdu par ses légions ? Celle du stratège mis en échec par une armée plus habile ? L’auteur reproche à l’Église catholique de ne pas être un pouvoir politico-militaire qui enverrait ses « divisions » combattre Daesh. Il lui reproche aussi sa confiance dans la prière, ce qui revient à reprocher à une religion d’être religieuse. Deux réalités amalgamées comme s’il s’agissait d’une seule et même problématique.

Les États disposent de moyens dont ne dispose pas l’Église, et les États occidentaux ne sont pas le « bras armé » de l’Église catholique, loin s’en faut. Ce que l’on a appelé la Chrétienté – comme espace historiquement et géographiquement identifiable de nations portant une civilisation chrétienne – n’existe plus. L’Église n’est plus en mesure de demander à des princes chrétiens de lever une armée.

Le Saint-Siège ne dispose pas d’effectifs militaires pour intervenir sur le terrain. Son action est uniquement diplomatique et se limite à la bonne volonté des autres États. On peut le regretter mais l’Église n’a pas vocation à se substituer aux pouvoirs temporels au risque de renoncer à sa mission universelle qui est la condition même de son existence.

La réciprocité fonde les relations entre les États et la loi du talion en est le prix. Le don et l’abandon constituent le fondement du christianisme. L’Église se place donc dans un registre fondamentalement différent. Je puis essayer d’être humble, de m’abaisser, mais je n’ai pas le droit moral d’exiger de mon frère qu’il s’abaisse. Je puis accepter chrétiennement ma souffrance individuelle, mais je dois lutter contre la souffrance de mes frères, parce que cette lutte sera une expression et un témoignage de l’amour divin. En revanche, pour soutenir le frère qui souffre, les armes du chrétiens sont essentiellement spirituelles : la foi, la prière, l’espérance.

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