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Fini les redoublements

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Le décret du 20 novembre 2014 a interdit l’usage du redoublement dans les scolarités. Celui-ci étant entré en vigueur à la rentrée 2015, ses effets vont se faire sentir lors des conseils de classe de juin 2016. Partisans et opposants du redoublement se déchirent sur la pertinence de la question depuis de nombreuses années. Beaucoup d’études démontrent que celui-ci est assez inefficace, sauf qu’il permet aussi de maintenir la pression sur certains élèves qui fournissent quelques efforts par crainte de redoubler. Avec sa suppression, il y a aura une baisse générale du niveau scolaire. Il faudra bien rabaisser encore les exigences, notamment au bac, pour donner l’examen à ceux que l’on a forcés à aller jusqu’en Terminale. Ensuite, dans le supérieur, viendra le temps des déconvenues et des échecs pour ceux qui n’ont pas le niveau requis.

Ce qui est terrible c’est qu’une nouvelle fois on est incapable de penser l’éducation en dehors de sa planification étatique : le parcours scolaire doit être le même pour tous, au même âge, et au même moment. Aucune distinction n’est possible, alors que les professeurs sont censés travaillés avec des êtres humains, non des pions.

Le redoublement avec l’accord des parents

Le redoublement ne sera possible qu’en cas d’absence de longue durée, par exemple pour maladie, ou bien de désaccord sur l’orientation proposée (en Troisième et en Seconde). Dans tous les cas, seuls les parents pourront demander à ce que leur enfant redouble : les professeurs ne pourront jamais l’imposer.

Une nouvelle langue administrative

Notons la beauté de l’inventivité administrative qui a forgé une nouvelle expression. On ne parle plus de redoublement, mais « de maintien dans la classe d’origine ». À défaut de ce maintien, il est possible de proposer à l’élève un établissement plus adapté à ses besoins. C’est-à-dire d’aller voir ailleurs. Là aussi, les choses sont bien dites.

Estimations des économies

Beaucoup d’économies sont espérées de cette suppression. L’Institut des Politiques Publiques (IPP) les a chiffrées à 2 milliards d’euros : 0.4 milliard pour le primaire, 0.6 milliard pour le collège et 1 milliard au lycée. Cela est dû aux élèves qui ne stagnent pas dans les niveaux scolaires, mais quittent le système. Mais les effets bénéfiques ne sont possibles qu’une fois arrivée en Terminale, c’est donc une mesure de long terme.

En attendant, massification et baisse des exigences sont encore au programme.