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Explosion des démissions dans l’EN : le vrai bilan de Hollande

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Tribune dans SOS Education.

Qui a dit que le Sénat ne servait à rien ? Les sénateurs produisent régulièrement des rapports très intéressants qui sont des mines d’informations, sur des sujets très variés. Un des derniers en date a été publié le 24 novembre 2016 et porte sur le projet de loi de finances 2017, quant au volet consacré au budget de l’Éducation nationale. Il vient opportunément d’être rendu public et il révèle le bilan terrible des années Hollande : l’explosion des démissions au sein de l’Éducation nationale. Nous sommes loin des promesses électoralistes de recrutement de sa campagne de 2012.

Le rapport note avec justesse que les dépenses n’ont cessé de s’accroître depuis 2012, pour des effets nuls puisque les résultats n’ont cessé de baisser : « Un budget électoraliste, marqué par la croissance insoutenable des dépenses de personnel. » C’est un très bon résumé de tout ce qui a été accompli en matière scolaire sur les cinq dernières années.

Mais ce pour quoi le rapport est intéressant c’est qu’il révèle enfin le chiffre des démissions au sein de l’Éducation nationale. Nous savons que celles-ci ne cessent de croître, mais le ministère se refuse à dévoiler les chiffres. Enfin nous les obtenons dans ce rapport, même si ce sont des chiffres partiels. Le rapport indique en effet les démissions de stagiaires. Il s’agit de personnes qui ont réussi le concours et qui démissionnent au cours de leur première année de travail, durant leur stage. Or, la validation du stage est nécessaire pour être titularisé et donc devenir fonctionnaire.

Les démissions de stagiaire dans le primaire ont ainsi été multipliées par 6.5 entre 2012 et 2016, passant de 65 à 434. Dans le secondaire, elles ont été multipliées par 3 passants de 120 à 371. Les raisons de telles démissions ne sont pas données, mais nous les connaissons grâce à d’autres rapports : il s’agit du manque de liberté de plus en plus grand des instituteurs et de la façon dont ils sont maltraités et par l’institution et par les élèves.

Or ces démissions se déroulent dans un cadre qui est déjà sous tension : l’Éducation nationale n’arrive pas à recruter tous les personnels dont elle a besoin. À cela, s’ajoutent les démissions des professeurs déjà actifs, dont nous savons qu’elles sont en augmentation même si le ministère se refuse à donner les chiffres.

Nous citons ci-dessous les pages 36 et 37 du rapport qui décrivent très bien tout le problème de l’Éducation nationale qui se résume par cette phrase : « Des candidats au niveau très problématique ont été admis pour ne pas laisser inoccupé trop de postes. »

« En dépit d’un réel effort en faveur de l’attractivité de la profession de professeur des écoles, que votre rapporteur pour avis salue, la politique de recrutements massifs menée par le ministère se heurte à d’importantes difficultés et présente plusieurs risques. Année après année, les concours externes de recrutement de professeurs des écoles ne sont pas parvenus à pourvoir l’ensemble des postes offerts, en particulier dans les académies jugées les moins attractives : 744 postes sont restés vacants lors du concours exceptionnel 2014, 283 en 2015 et 561 en 2016. Lorsque ces postes ont été pourvus, le risque d’une baisse des exigences de recrutement est réel. Certaines académies connaissent des ratios candidats présents/postes offerts très faibles, qui présagent d’une sélectivité faible des concours : il s’élevait pour la session 2016 à 1,84 dans l’académie d’Amiens, 1,21 dans l’académie de Créteil, 1,95 dans l’académie de Dijon ou encore 1,19 dans l’académie de Versailles. L’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) s’est fait l’écho des préoccupations de votre rapporteur pour avis, relevant qu’« il semble bien que dans certaines académies, des candidats au niveau problématique aient été admis pour ne pas laisser inoccupés trop de postes ».

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