Jean-Baptiste Noé

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En soutenant François Fillon, Sens Commun est fidèle à sa vocation

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Convergences et cohérence. C’est sur ces deux critères que Sens Commun a fait le choix de soutenir l’ancien Premier Ministre à la primaire de la droite. Explications avec le nouveau président du mouvement né des manifs pour tous, Christophe Billan.

Pourquoi Sens Commun a-t-il porté son choix sur François Fillon ?

Nous avons opéré ce choix pour plusieurs raisons. La première, et la plus importante, c’est pour demeurer fidèle à notre vocation et à nos valeurs. Sens Commun a posé une idée maitresse, cette idée-maîtresse, c’est de peser de l’intérieur, c’est d’être le levain dans la pâte. C’est notre modèle d’action tel qu’il a été défini lors de notre fondation. Il est normal qu’au moment d’un rendez-vous aussi important que la primaire nous assumions notre vocation qui consiste à influencer de l’intérieur la loi, la règle et la norme. M. Poisson n’est pas du tout dans cette idée-maîtresse, ce que je respecte entièrement.

Le PCD est un parti frère qui se décline autour d’une autre approche : influencer de l’extérieur. On a toujours été d’accord sur cette distinction, et M. Poisson nous avait dit très clairement : vous êtes vous, je suis moi, pas de confusion. Il ne peut maintenant nous demander de devenir le PCD. On se doit de respecter notre raison d’être. Mais on travaille de façon très cohérente au quotidien dans les régions avec les élus PCD. Encore une fois, c’est un parti frère.

Par conséquent, conformément à notre idée originelle, nous devons peser sur une personne qui soit en situation de devenir président de la République. On a donc cherché dans les candidats présidentiables celui qui était en capacité de le devenir, et qui avait à la fois des points de convergences et des points de cohérence. On a estimé que, dans le programme de François Fillon, il y avait suffisamment de points de convergences pour qu’on puisse travailler avec lui. La convergence ne signifie pas la symétrie parfaite.

On a conscience du réel, on ne peut pas demander à François Fillon de devenir nous brutalement, mais on établit avec lui des ponts. Et ces ponts constituent des digues à l’abri desquelles nous pourrons peser pour combattre des machines délétères qui sapent l’éducation de nos enfants, les fondamentaux de notre pays. François Fillon compte un grand nombre de domaines dans lesquels on peut, à l’abri des digues, mener ce travail de fond.

Quels sont ces points de convergences ?

Il y a la famille d’abord où, avec beaucoup de réalisme, M. Fillon dit qu’il veut faire barrage aux attaques contre la filiation. Le lien entre le mariage et la filiation est l’aspect le plus toxique aujourd’hui dans la Loi Taubira. On n’aspire pas à la pureté et à un changement immédiat de notre société car ce n’est pas possible, mais nous pensons que sur la filiation, François fillon est suffisamment convainquant pour pouvoir bâtir une digue.

Le deuxième point de convergence, c’est l’Etat. De façon réaliste, dans son programme, François Fillon décrit comment il entend avoir un Etat qui soit musclé sans être obèse ; un Etat qui se recentre sur ses fonctions régaliennes afin de vraiment remplir son rôle.

Le troisième point, c’est l’Europe. François Fillon ne dit pas : détruisons l’Europe et recommençons tout, mais il dit : mettons en place des mesures qui soient capables de placer l’Europe face à des peuples et à des nations, et que celle-ci ne se diluent pas dans des logiques de normes sans visage qui s’imposent à des peuples non informés. Sens Commun est aussi très sensible à son souhait de mettre un terme à la vassalisation de la France vis-à-vis des Etats-Unis. Allié mais pas Vassal notamment en s’équilibrant avec la Russie. Cela nous semble réaliste et nécessaire.

Enfin, François Fillon est un Homme d’Etat. Notre mouvement aspire à renouer avec l’esprit qui a présidé à l’instauration de la Ve République, c’est-à-dire une capacité à être au-dessus des partis, à arbitrer des grands enjeux stratégiques et à déployer un certain génie des circonstances. François Fillon a le sens de l’Etat. Il se hisse au dessus du diktat des sondages, et de la « politique spectacle ». Nous avons été séduits par sa posture d’homme d’Etat avec une vision beaucoup plus large qui transparait dans son programme dont tout le monde reconnait qu’il est le plus abouti.

Existent-ils des points de divergences avec François Fillon ?

Bien entendu, il y a des domaines dans lesquels nous aimerions qu’il aille plus loin, comme par exemple sur la filiation ou sur l’abrogation de la loi Taubira. Mais nous avons conscience que le contexte ne le permet pas. Je voudrais citer une phrase de Saint-Thomas d’Aquin, qui nous a guidés dans notre choix : « On ne peut pas imposer à un peuple des lois qu’il ne peut assumer, sinon vous le contraignez à pécher ». Il y a eu un véritable affaissement culturel, intellectuel et spirituel de notre pays qui fait qu’aujourd’hui, François Fillon n’est pas en mesure de soutenir le mot abrogation.

Pour qu’on puisse y travailler et y arriver à l’avenir, nous avons besoin de digues. C’est notre vocation. Mr Poisson fait le choix d’exiger l’idéalité immédiatement sans prendre en compte le réel. Je respecte ce choix mais il ne peut nous l’imposer.

On reproche à François Fillon ses absences aux manifestations contre la loi Taubira ou son vote en faveur de l’avortement comme étant un droit fondamental…

Les manifestations, je les ai toutes faites car la confiscation du débat m’y a contraint. Mais c’est un ultime recours. M. Fillon, ayant été Premier ministre, estimait que son rôle n’était pas de battre le pavé, mais de faire son travail dans l’hémicycle. Je rappelle à ce sujet son intervention à l’Assemblée nationale durant le débat sur la loi Taubira. Elle était d’un grand courage et d’une grande lucidité.

Depuis, François Fillon n’a pas changé de position. J’admets qu’un élu ayant occupé des fonctions aussi élevées fasse le choix de s’opposer à une loi absurde et dangereuse selon d’autres modalités.

Sur l’avortement, il s’en est expliqué très clairement auprès de nous. Il a dit, et je le crois, que ce qu’il avait écrit dans son livre n’était pas assez clair. Au regard de la situation actuelle, il estime qu’il n’est pas possible de revenir sur cette loi mais, en son âme et conscience et en raison de sa foi, il y est personnellement opposé. On ne peut malheureusement pas appuyer sur un bouton et faire disparaitre l’IVG. Celui qui dit ça aujourd’hui sait très bien que ça ne se fera pas demain. Il faut faire un travail de reconquête intellectuelle, culturelle et spirituelle pour pourvoir aller plus loin. Et pour ça, une fois encore il faut les digues que nous entendons bâtir aux cotés de Francois Fillon.

Votre décision risque de créer des incompréhensions au sein de votre mouvement. Comment comptez-vous l’expliquer à vos militants ?

Je tiens d’abord à préciser qu’il est faux de dire que la base n’a pas été consultée. Un comité stratégique, qui représente toutes nos fédérations, s’est réuni hier soir. Il s’est prononcé à 98% pour la motion de soutien à François Fillon. Quand M. Poisson dit que notre soutien provient d’une décision des instances nationales, il affirme une contre vérité que nous pouvons démontrer. Le discours de François Fillon sur la famille ou sa constance à l’égard des chrétiens d’Orient a touché notre base.

Et nos fédérations ont fait remonter beaucoup de retours positifs concernant M. Fillon. Cependant, nous avons bien conscience qu’il faudra faire de la pédagogie pour rappeler notre vocation et expliquer cette logique de digues et de convergences.

Certains de vos adhérents ont parrainé d’autres candidats, voire les soutiennent pour la primaire. Qu’en est-il ?

Dans notre stratégie pour les primaires, nous avons donné la liberté, à nos élus, responsables et adhérents, de parrainer les candidats qu’ils souhaitaient afin de favoriser le débat d’idées. A ce titre là, certains ont bénéficié, comme M. Mariton ou M. Guaino, de nos parrainages.

En revanche, le mouvement soutient aujourd’hui un seul candidat. Mr Mariton ne peut affirmer qu’il a le soutien de Caroline Carmantrand, qui lui a effectivement donné son parrainage dans le cadre du débat d’idée. Celle-ci affirme son soutien à François Fillon et je vous renvoie à son tweet aujourd’hui qui est sans ambigüité. En ce qui concerne le choix de l’ancien président de Sens Commun, Sébastien Pilard, de soutenir Nicolas Sarkozy, cela n’engage que lui. Il a décidé de prendre de la distance avec nous. Nous en prenons acte.

Vous avez prévenu François Fillon ? Que vous a-t-il dit ?

Nous l’avons contacté aujourd’hui pour l’informer que nous nous rallions à lui. Il a exprimé une grande satisfaction.

Jean-Frédéric Poisson parle de votre soutien comme d’un « calcul politique ». Que lui répondez-vous ?

Notre soutien ne relève pas d’un calcul politique, mais d’une fidélité à notre vocation. Encore une fois le PCD est un parti frère et nous sommes appelés à travailler ensemble car nous convergeons sur le plan des idées même si nos méthodes varient. Je regrette la violence des tweets de certains membres du PCD qui sont dans l’anathème et la caricature.

Ce déchaînement me rappelle les attaques de ceux que nous avons combattus en 2013. N’employons pas ces méthodes qui tuent le débat et divisent les partis frères. J’appelle tout le monde à prendre un peu de hauteur, et d’être fidèles à nos vocations respectives. Je serai heureux de débattre avec eux pour leur préciser une nouvelle fois notre raison d’être.

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