Jean-Baptiste Noé

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En défense d’Amazon

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Le gouvernement veut empêcher Amazon de livrer gratuitement ses livres, afin de favoriser les librairies de proximité. L’entreprise américaine devient le bouc émissaire commode d’un marché du livre en pleine restructuration, suite à la vente en ligne. Beaucoup s’affole du livre numérique, qui serait censé détruire le marché du livre papier. Mais pour l’instant, en France, il ne représente pas plus de 2% des ventes. Beaucoup accuse Amazon d’être responsable de la fermeture des librairies, mais, si je me fie aux chiffres fournis par Le Figaro, Amazon réalise 70% de ses ventes sur des livres qui ont plus d’un an, et la vente en ligne ne représente que 10% du marché de l’édition, contre 20% pour les grandes surfaces alimentaires, et 20% pour les librairies.

Ces attaques contre Amazon me semblent d’autant plus injustifiées que si la loi est votée elle aura pour conséquence de renchérir le prix du livre. J’ai déjà pu constater lors de voyages dans les capitales européennes que les livres français étaient sensiblement plus chers que dans les autres pays. La faute, entre autres, au plafonnement du prix du livre avec l’imposition d’un prix unique, qui empêche les vendeurs de faire des réductions importantes.

Amazon, et les autres plates-formes de vente de livres ont beaucoup d’avantages, que n’apportent pas les librairies indépendantes.

Le catalogue est très vaste, et recouvre des domaines très pointus. Essayer d’acheter des livres de médecine, de sciences ou de petites maisons d’édition chez votre libraire : c’est impossible, à moins qu’il ne les commande.

Amazon permet d’avoir accès à une très vaste librairie, quel que soit le lieu où l’on réside. Tout le monde n’habite pas dans le Quartier Latin où l’on peut s’approvisionner chez les meilleures librairies.

La livraison se fait le lendemain, l’attente est donc très courte, beaucoup plus courte que lorsque le libraire commande un livre chez l’éditeur.

Enfin, les commentaires des lecteurs apportent des informations très utiles. Les libraires ne peuvent pas lire tous les livres qu’ils vendent, et peuvent donc difficilement conseiller beaucoup d’ouvrages.

Comme beaucoup, j’ai regretté la fermeture de la librairie des PUF place de la Sorbonne. Ce fut une très grande perte pour le quartier. Il y a encore la librairie Compagnie, une des rares à proposer l’ensemble des revues françaises, la librairie Vrin, si consistante en philosophie, et la librairie Le Temps retrouvé, rue Saint-Jacques, qui propose des déstockages de beaux livres à des prix imbattables. Sans oublier Gibert Joseph, et son stock immense. Ces librairies sont magnifiques, et elles survivent parce qu’elles proposent un service, et non pas uniquement un point de vente. Amazon aussi apporte un service important. Toute loi qui empêcherait cette entreprise de se développer ne ferait que reculer de façon inéluctable le déclin des librairies, tout en lésant les consommateurs.