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Des Gaulois aux Carolingiens

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Les PUF lancent une nouvelle collection dédiée à l’histoire de France. En 7 volumes, paraissant de mars 2013 à 2014, l’histoire du pays est abordée par six historiens, chacun spécialiste de son domaine. La collection est placée sous la direction de Claude Gauvard, médiéviste et Professeur émérite à Paris I Sorbonne, qui a rédigé deux volumes.

Les livres sont brefs, 220 pages environ, et s’adressent à un public qui veut connaître l’histoire du pays, écrite par des historiens spécialisés. Il n’y a ni note de bas de page, ni bibliographie volumineuse. Les ouvrages sont en revanche illustrée de belles cartes, nécessaire à la compréhension des phénomènes, et d’une chronologie. Ils ne s’adressent pas aux spécialistes, mais à un public d’honnête homme, un peu dans la lignée de la collection Que sais-je.

Le premier de la série est rédigé par Bruno Dumézil, professeur à Paris X La Défense, spécialiste des premiers temps de la France, des Mérovingiens et des barbares. Si la collection se veut « une histoire personnelle de la France », et si l’auteur prend quelques libertés stylistiques par rapport à un ouvrage savant, la rigueur intellectuelle est de mise. Cette époque des invasions barbares et de la prise du pouvoir par les Francs est tellement mal connue, car emplie d’a priori, que cet ouvrage est salutaire.

L’auteur démonte le mythe des barbares germains, des grandes invasions, de la destruction de l’Empire romain. S’appuyant sur les recherches récentes des historiens, il montre comment l’Empire romain n’a cessé de vivre en Occident, même si sa structure politique a pu se modifier. Il démontre que les Mérovingiens, bien loin d’être des Germains, étaient des Gallo-romains, donc pleinement romanisés. Il s’attache aussi à démontrer les continuités de Rome à l’œuvre dans ces premiers rois, et notamment comment le droit romain a perduré. Pour les plus curieux, c’est une invitation à aller plus loin. Pour les autres, c’est déjà une bonne base de compréhension. Il est remarquable que des universitaires aient accepté de jouer le jeu de ce pari éditorial. C’est l’exemple réussi d’une saine et droite vulgarisation.