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Ca bouge en école d’ingénieur

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Les grandes écoles d’ingénieur évoluent à marche forcée. En quelques années le paysage traditionnel des écoles se trouve bouleversé. Fin 2014, la fusion entre Centrale Paris et Supélec a été validée par l’État, les deux établissements n’en forment d’ores et déjà plus qu’un. Et c’est loin d’être fini. Bernard Attali a rédigé un rapport sur les évolutions de l’école Polytechnique. Ce pourrait être un rapport de plus, destiné à dormir sur les étagères, sauf que le ministre de la Défense a donné ce rapport en exemple lors de sa visite de l’école le 6 juin 2015, et que le directeur de Polytechnique se félicite que celui-ci se mettent en place (« Nous avons déjà mis en place 34 recommandations sur les 74 que contient le rapport de Bernard Attali », Jacques Biot, l’Opinion, mardi 9 juin 2015).

Le gouvernement comme l’école semblent donc décider à mettre en place ces réformes. De quoi s’agit-il ? De bâtir un grand complexe de formation et de recherche sur le plateau de Saclay. Cela fait plus d’une dizaine d’années que des écoles d’ingénieur quittent Paris pour s’installer à Saclay, et que l’État veut faire du plateau un vaste territoire de recherches et d’innovations.

Quelles conséquences ? Tout d’abord, la fusion de nombreuses écoles d’ingénieur comptant parmi les plus renommées de France : Polytechnique, Centrale Supélec, ENSTA, ParisTech, Telecom, Ensae, Agro Paris Tech, Institut d’Optique et ENS Cachan. L’objectif est de former une seule et unique école : l’École Polytechnique de Paris. Jacques Biot est favorable à ce regroupement, le gouvernement aussi, cela devrait donc se faire.

Autre idée évoquée dans le rapport : organiser le recrutement de l’école après le bac, et non plus après deux ans de classes préparatoires. Ce serait la fin des classes prépas qui, nous l’avons déjà expliqué sur ce site, est une volonté de tous les gouvernements et devrait arriver à terme prochainement. Toujours dans l’Opinion Jacques Biot se montre très prudent sur ce sujet : « Il faut faire très attention à ne prendre aucune décision qui soit contre les classes préparatoires. Nous devons donc agir avec doigté. » Ce n’est donc pas un refus, c’est même presque une acceptation prudente de cette évolution. Cela signifie revoir le cursus universitaire pour proposer deux ans de formation supplémentaire. C’est aussi deux ans de rentrée d’argent en plus, or les écoles cherchent de l’argent et les étudiants rapportent. Cela se fera. Et les écoles de commerce réfléchissent également à ce dossier. Dans une dizaine d’année, le monde des études supérieures aura beaucoup changé. Dix ans c’est beaucoup, mais passe aussi très vite. Ces évolutions majeures seront pleinement en applications quand les actuels élèves de 6ème seront en Terminale.

En complément  :

Entretien avec Hervé Biausser sur la fusion Centrale Supélec