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C’était Georges Pompidou

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Georges Pompidou devient le plus méconnu des présidents de la Ve République, alors même qu’il a été au pouvoir de 1962 à 1974, d’abord comme Premier ministre du Général de Gaulle, puis comme Président.

Les commentateurs ont beaucoup évoqué le parcours hors norme de cet enfant de l’Auvergne, dont le grand-père était analphabète, d’abord professeur de Lettres classiques en lycée, puis conseiller du Général de Gaulle à la Libération, homme de confiance de Guy de Rothschild et enfin homme politique. Il demeure à ce jour le seul président de la République qui a exercé de hautes responsabilités dans l’entreprise. Ses adversaires politiques n’ont pas manqué de lui reprocher le fait d’être l’homme des Rothschild, lui qui était capable de citer un poème de Paul Eluard en conférence de presse, pour répondre à une question tortueuse posée par un journaliste.

Sous sa direction, la France s’est profondément transformée. Passant de l’âge rural à l’âge industriel, il est l’homme symbole de ce que Jean Fourastié a nommé, plus tard, les Trente glorieuses. Il a œuvré pour la concentration des entreprises françaises et la modernisation de l’appareil productif. On lui doit notamment la généralisation de la mensualisation, permettant à plusieurs milliers d’ouvriers d’être payés au mois et non plus à l’horaire (1970).
Parmi ses réalisations économiques il y a le protocole franco-allemand qui permet la création d’Airbus, en 1967, et en 1973 le début d’Ariane espace.
À cela il faut ajouter la grande aventure du nucléaire civil, qui permet à la France de se doter d’un parc performant, bien avant les débuts de l’augmentation des prix du pétrole. Les grandes dates du nucléaire civil ponctuent le mandat de Pompidou : 1969, décision de construire des centrales nucléaires en France, 1971, accord entre la Snecma et General Electric pour le partage des savoir-faire dans le domaine nucléaire, 1974, décision de construire l’usine de Tricastin, puis engagement d’EDF pour la construction de 13 tranches de réacteurs nucléaires.

Cette modernisation se marque aussi dans le domaine de l’aménagement urbain, avec la construction du périphérique parisien à la place des anciennes fortifications, et l’aménagement du quartier des Halles. Les antiques halles sont transférées à Rungis, qui est aujourd’hui un des premiers marchés au monde, et le centre Beaubourg est édifié. Si tout le monde ne l’apprécie pas, il s’est tout de même imposé dans le domaine de l’architecture contemporaine.

Alain Frerejean, un des grands spécialistes de Pompidou, lui a consacré une biographie, que les éditions Tallandier republient à l’occasion du 40ème anniversaire de sa mort. On y découvre la simplicité d’un homme qui n’a pas été mû par des plans de carrière politique, et qui est pourtant parvenu aux plus hautes responsabilités. L’auteur évoque aussi l’affaire Markovic, dans laquelle on a essayé de nuire à son épouse ; affaire qui a profondément affecté Pompidou, qui a gardé une rancune tenace à ceux qui ont attaqué sa femme ou qui n’ont pas agi pour la défendre. Cette biographie nous replonge dans une France un peu oubliée. À sa lecture, on se rend compte à quel point notre pays s’est transformé.